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Casablanca : une métropole polluée

Une étude sur la qualité de l’air à Casablanca pour 2005 de la Direction de la météorologie nationale (DMN) donne des résultats inquiétants. Pour la première fois, des mesures fiables viennent confirmer de façon scientifique les constatations de nombreux médecins et spécialistes. : La pollution atmosphérique dans la capitale économique du Maroc n’aurait pas atteint la gravité des villes polluées comme Mexico ou Athènes. Cependant des pics de pollution importants sont constatés dans plusieurs endroits de la ville.

Dans la région de Zerktouni, le niveau de particules en suspension dans l’air a dépassé 323 fois en 2005 la norme marocaine de 400 microgrammes/m3, avec des pics à midi et le soir. À Sidi Othmane, les premiers résultats du troisième trimestre de 2005 montrent des niveaux élevés d’ozone, Le taux d’oxydes de soufre a connu la moyenne mensuelle la plus élevée durant le mois de septembre 2005. Du côté de Aïn Sbaâ, tous les indicateurs se sont révélés élevés dans le rouge. Les capteurs y ont enregistré 397 dépassements du seuil d’alerte (240 microgrammes/m3). Les particules en suspension ont connu des pics supérieurs aux normes de sécurité à 128 reprises. Le niveau de dioxyde de soufre demeure le polluant le plus important dans cette région avec 484 dépassements de la norme française horaire (300 microgrammes/m3) au compteur.

Plusieurs mesures simples pourraient participer à améliorer la qualité de l’air dans la métropole. On citera les principales : généraliser l’horaire continu au travail permettrait de faire baisser les émissions gazeuses de 30 %, sensibiliser les gens pour qu’ils entretiennent mieux leurs voitures et qu’ils roulent à vitesse correcte.
Les centres de contrôle technique doivent être fermes dans le contrôle des niveaux d’émissions. Mettre à disposition des automobilistes un diesel moins polluant à 350 ppm serait aussi une bonne mesure préventive. Quelque 7,4 milliards de dirhams viennent d’être investis à la SAMIR pour atteindre cet objectif. Enfin la mise en place d’une véritable politique de transport urbain réduirait les bouchons et les échappements polluants. Casablanca manque cruellement de verdure en raison de la pression lucrative de l’immobilier. On oublie volontairement que les parcs pourraient jouer le rôle de véritables poumons pour la mégapole car il faut le rappeler les arbres absorbent le monoxyde de carbone et rejettent de l’oxygène.
Le coté législatif demande à être mise en œuvre aussi car il induira par dissuasion les gens à moins polluer. Un décret sur les gaz d’échappement a été adopté en janvier 1998 fixant des seuils que les émissions de polluants de voitures. Cette loi devrait être mise en application dans les meilleurs délais. La loi atmosphérique de 2003, qui fixe les niveaux d’émissions autorisées des usines, n’est toujours pas en vigueur, faute de décrets d’application.
Ces mesures préventives protégeraient significativement la santé de la population et coûteraient probablement moins que les dépenses qui s’effectuent pour traiter les maladies générées par la pollution.

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(c) Repère médical n° 7

 

 

 

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