[ Liste des articles du n° 7 ]
Le poids à l’hôpital des effets indésirables liés aux soins
Les événements indésirables graves liés aux soins (1) occasionnent de 3 à 5 % de l’ensemble des séjours hospitaliers en France. Une enquête (2), menée entre avril et juin 2004 dans 71 hôpitaux et cliniques français, s’est attachée à mieux mesurer le risque iatrogénique dans son ensemble (effets des produits de santé : médicaments, sang, dispositifs médicaux, infections nosocomiales mais aussi risques liés aux actes médicaux et chirurgicaux).
Les événements de 35 234 journées d’hospitalisation ont été examinés et ont identifié 450 événements indésirables graves ; 195 étaient préalables et causes d’hospitalisation et 255 étaient observés pendant la période d’hospitalisation qu’ils prolongeaient. Dans les deux cas, le pourcentage d’accidents évitables était fort : 46,2 % pour les premiers, 35,4 % pour les seconds. Les victimes du risque iatrogénique étaient surtout des patients fragiles : plus âgés que les autres (de 4 ans en moyenne) et en moins bon état de santé.
L’étude s’est focalisée sur les 195 événements qui ont entraîné une hospitalisation. Elle constate qu’ils font suite, pour les deux tiers d’entre eux (le tiers restant résulte d’une hospitalisation antérieure), à une prise en charge en médecine de ville : au domicile du patient dans 116 cas, dans le cadre d’une hospitalisation à domicile ou d’une prise en charge par un service de soins infirmiers à domicile dans 8 cas, en maison de retraite dans 5 cas et dans un cabinet médical dans 3 cas.
Dans l’ensemble des hôpitaux et des cliniques, ce serait 4,5 % des admissions en médecine et 3,5 % en chirurgie qui auraient pour cause un événement indésirable grave. Rapportés aux chiffres nationaux de l’hospitalisation, cela donne une fourchette de 175 000 à 250 000 séjours motivés chaque année par l’iatrogénie, dont « entre 70 000 et 110 000 pourraient être évitables ».
À quoi ces accidents sont-ils liés ? À des actes invasifs ou à des produits de santé, répondent les enquêteurs. Parmi les accidents évitables, des erreurs sont identifiées dans la moitié des cas (erreurs de surveillance des soins, erreurs d’administration de produits, défaut d’observance des patients, indications erronées, retard de la mise en œuvre du traitement).
Quant aux 255 cas décelés en cours d’hospitalisation, ils représentent 6,6 [228] des journées d’hospitalisation. Dans deux cas sur cinq, ils n’ont pour conséquence que la prolongation de l’hospitalisation. Mais, dans 36 % des cas, ils ont entraîné une menace du pronostic vital et 8 % ont été associés à un décès sans que l’on puisse directement lier ce décès à l’accident iatrogénique.
Au Maroc, il y a nécessité d’activer le développement de la pharmacovigilance dans notre pays et d’aboutir au recueil systématique des effets indésirables dans les hôpitaux pour en tirer les renseignements sur la prescription et surtout préciser les impacts sur la morbidité et la mortalité. De cette manière on peut réagir de manière ciblée et correctrices sur les grandes failles de prescription dans notre environnement.
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(c) Repère médical n° 7