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Théophyline
La Théophylline (300 mg orale) est un spasmolytique spécifique indiqué dans le traitement de l’asthme et des broncho-pneumopathies chroniques obstructives, elle agit sur les muscles lisses des vaisseaux, bronches, intestin, uretère, des voies biliaires et de l’utérus et stimule les centres bulbaires, respiratoires, vasomoteurs, et cardiomodérateurs. La théophylline est un médicament à marge thérapeutique étroite, son métabolisme est essentiellement hépatique (90 % de la dose absorbée) et présente de grandes variations interindividuelles. Sa demi-vie plasmatique fait l’objet de variations importantes selon les individus. Elle franchit la barrière foetoplacentaire et passe dans le lait, où elle est retrouvée à des taux d’environ 75 % des taux plasmatiques.
Les effets cliniques qui en découlent :
L’action analeptique cardiaque de la théophylline et son effet vasodilatateur au niveau coronaire et périphérique expliquent les effets indésirables cardiovasculaires notés avec ce médicament.
L’action sur le système nerveux central est l’un des inconvénients majeurs de l’utilisation de la théophylline en thérapeutique. Cette action sur le SNC peut expliquer l’excitation et l’insomnie trouvées lors du traitement par la théophylline.
La marge thérapeutique bronchodilatatrice étroite des théophyllines, explique la survenue d’effets indésirables pour des concentrations plasmatiques proches des concentrations efficaces, à cette difficulté d’emploi s’ajoutent les problèmes d’interactions médicamenteuses.
En raison des grandes variations interindividuelles du métabolisme de la théophylline, il est nécessaire d’adapter les doses en fonction de l’efficacité clinique, des effets indésirables et/ou des taux sanguins.
La demi-vie de la théophylline est augmentée en cas d’insuffisance hépatocellulaire sévère, de défaillance cardiaque aiguë, d’insuffisance respiratoire ce qui explique les précautions d’emploi nécessaires chez les sujets présentant ces pathologies.
La théophylline passe dans le lait maternel, ce qui peut être à l’origine d’une hyperexcitabilité chez le nouveau-né. En conséquence, l’allaitement est déconseillé lors d’un traitement avec cette molécule.
Débat
Commentaires :
Du fait de ses effets secondaires et des risques de surdosage, la théophylline a été considéré, dans de nombreux pays, comme un traitement bronchodilatateur de deuxième voire troisième intention réservée aux patients présentant un asthme sévère non contrôlé par de fortes doses de stéroïdes inhalés, d’ailleurs son service médical rendu est modéré. Aussi l’action bronchodilatatrice de la théophylline, bien que certaine, est cependant moins importante que celle des agonistes 2, dans la mesure où l’on ne peut pas augmenter suffisamment les doses en raison de l’apparition d’effets toxiques.
Le développement de nouveaux médicaments dans le traitement de l’asthme ayant un rapport bénéfice/risque meilleur que celui de la théophylline et qui sont prescrits en première intention laisse poser la question de l’utilité de mettre sur la liste de l’AMO une telle molécule qui n’est indiquée que dans certains cas, en sachant que la liste manque d’autres médicaments beaucoup plus intéressants et plus utiles pour les patients.
Alternatives :
Enrichir la liste par d’autres antiasthmatiques d’utilisation plus fréquente et plus simple, que ce soit des bronchodilatateurs comme les beta2mimetiques de longue durée d’action ou les anticholinergiques, ou des corticoïdes inhalés.
Avis sur le choix de l’AMO :
Peut-être qu’il fallait privilégier les médicaments indiqués en première ligne dans la pathologie et de maniement facile. Le remboursement d’un médicament dont l’indication est limitée va priver les malades de bénéficier d’autres médicaments beaucoup plus importants dans leur pathologie.
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