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Les prothèses mammaires et la psychologie

Certaines études rapportent des dangers chez les femmes ayant subi une prothèse mammaire. On parle d’un taux de suicide plus élevé avec paradoxalement une mortalité inférieure. Comment expliquer tout cela ?
Parlons des études. Une épidémiologique rétrospective Québécoise et Ontarienne menée auprès de 24 558 femmes entre 1974 et 1989 révèle que les prothèses mammaires n’augmentent pas le risque de mortalité de façon générale. Par contre, le taux de suicide des femmes subissant de telles interventions est de 73 % plus élevé que dans la population en général. Par contre le taux de mortalité des femmes ayant reçu des implants mammaires était 26 % plus bas que dans le groupe témoin. En ce qui concerne la mortalité on peut dire que les femmes intéressées par la chirurgie esthétique sont souvent plus riches que la moyenne, et que la richesse est le plus souvent associée à une meilleure santé. Les femmes en cause seraient donc plus suivies médicalement ce qui expliquerait une meilleure performance sur la longévité.
L’explication de suicides plus élevés viendrait du fait que les femmes intéressées par une chirurgie cosmétique mammaire ont souvent une plus faible estime personnelle, un manque de confiance en elles et des problèmes de santé mentale plus fréquent (notamment des dépressions). A ce titre elles sont plus exposées aux suicides par rapport aux femmes sans problèmes psychiques. Cette remarque n’est pas le cas des femmes qui se sont fait poser un implant mammaire après une mastectomie. (de telles femmes n’ont pas fait partie de l’échantillon de l’étude canadienne citée précédemment).
Par ailleurs, comme les chirurgies prises en considération dans l’étude épidémiologique citée précédemment ont été subies entre 1974 et 1989, bon nombre des implants utilisés étaient donc en silicone, produit contesté car son innocuité n’est pas établie. Dans l’étude canadienne le risque de décès ou de cancer n’était pas plus élevé, mais l’étude n’évalue pas les effets sur d’autres aspects de la santé. On sait qu’il y a des effets locaux en raison de la dégradation des prothèses, ce qui force parfois leur remplacement.
Depuis 1992, les autorités du Canada demandaient aux fabricants de cesser de vendre des implants à base de gel de silicone jusqu’à ce que d’autres études en confirment l’innocuité. Les implants avec solution saline sont maintenant nettement plus répandus, mais des milliers de femmes reçoivent toujours des implants à base de silicone, après autorisation du ministère à leur médecin.
Au Maroc cette chirurgie commence à s’épanouir en raison du développement de la chirurgie esthétique et de l’augmentation de la demande locale et aussi de l’afflux de patientes étrangères attirées par les prix plus abordables. La réglementation sur les implants en silicone serait absente
Aussi n’est-il pas utile de rappeler aux médecins que la chirurgie cosmétique mammaire n’est pas innocente sur le plan psychologique. Avant de l’entamer, les chirurgiens doivent s’assurer que leurs patientes sont solides psychologiquement. Il serait également utile de se positionner clairement vis-à-vis des implants à base de silicone.

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