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Histoire de l’Aspirine : « Quatre mille ans d’histoire »
Après quatre mille ans d’histoire, l’aspirine fait toujours parler d’elle… Ainsi, son pouvoir antiagrégant à faible dose et son modeste prix, ont en fait une molécule idéale dans le domaine de la prévention des maladies cardio-vasculaires. Les champs d’application se sont élargis et touchent actuellement à la prévention dans les pathologies cardiovasculaires (Angor stable et instable, prévention des accidents thromboemboliques en cas de fibrillation auriculaire), obstétricales (Toxémie gravidique, RCIU) et neurologiques (Hémorragie méningée, AVC).
Depuis l’antiquité les grecs, les Amérindiens et probablement les pharaons utilisaient l’extrait de l’écorce de saule « Alba Salix » dans le traitement de la fièvre et de la douleur.
Les traces documentées nous viennent d’Hippocrate (460-377 avant J. C) qui recommandait une tisane à base de feuilles de saule blanche pour lutter contre la fièvre. L’usage se poursuivit empiriquement jusqu’au XVIIIe siècle. En 1763, Edward Stone, un pasteur, signale devant la « Royal Society » de Londres l’efficacité de la décoction de l’écorce de Saule contre la fièvre malaria se basant certes sur un raisonnement peu scientifique, mais qui a été à la base de la découverte :
Première constatation : la saveur amère de la décoction de saule lui rappelle celle de l’écorce de quinquina (principe actif : quinine) importée depuis peu par les jésuites en Europe pour soigner la malaria. (Même saveur, même propriétés et… moins chère).
Deuxième constatation : la théorie des signatures. A cette époque, les fièvres étaient fréquentes dans cette région humide de l’Angleterre. Or le saule est un arbre qui affectionne les régions marécageuses et qui supporte donc l’humidité. Il doit donc contenir les principes qui lui permettent de résister à de telles conditions.
En 1829, le pharmacien français Leroux extrait, par le même procédé d’extraction de la quinine à partir d’écorce environ 30 g d’une substance cristalline pur : la salicine qui servit en 1838, à la préparation l’acide salicylique par Raffaele Piria.
Entre l’année 1 831 et 1839, des travaux aboutirent à l’extraction de l’aldéhyde salicylique à partir de la Spirée par des chercheurs suisses (Pagenstecher, Karl Löwig) et de le cristalliser en forme qu’ils ont appelé spirsaüre qui n’est en fait que l’acide salicylique (Jean-Baptiste Dumas).
D’autres chercheurs entreprirent, avec succès et à grande échelle, l’extraction de l’acide salicylique à partir de la Gaulthérie (arbrisseau d’Amérique du Nord, de la famille des Eriacacées, dont on extrait l’essence de Wintergreen) en milieu du XIVe siècle. Cette expérience qui permit de préparer l’anhydride acétylsalicylique (acétylsalicylique impur) n’eut pas de suites…
La synthèse de l’acide salicylique fut préparée en utilisant du phénol en 1 874 par Hermann Kolbe. Germain Sée, un clinicien français, prépare le salicylate de sodium et l’utilise avec succès contre les douleurs rhumatismales invalidantes de son père. Dès lors, l’efficacité clinique du salicylate n’est plus à prouver, mais son goût très amer et sa tolérance posent des problèmes.
C’est dans les laboratoires Bayer, où Félix Hoffmann, un chimiste allemand, réussit en 1 897 la synthèse de la forme stable et pure de l’acide acéthylsalicylique. La marque ASPIRIN® est déposée deux années plus tard par la firme Bayer. En 1900, aux U.S.A, le brevet d’invention N° 644 077 est attribué à Félix Hoffmann. La firme Bayer & Co produit 4 251 kg sous forme poudre. Commence alors l’essor de l’Aspirine…
La firme produisit 25,823 kg en quatre années seulement. En 1915, le produit est commercialisé en France sous le nom de marque Aspirine Usines du Rhône®. En 1919, le nom Aspirin® tomba dans le domaine public. En 1969, montée dans l’espace…
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