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Eléction du conseil de l’ordre reportée

Pour la deuxième fois, les élections du conseil de l’ordre sont reportées du 23 juillet au 23 novembre 2006. C’est le conseil national de l’institution ordinale qui a pris cette décision lors de sa réunion du 16 juin 2006. C’est probablement par manque de candidats et par l’annonce de l’intention du boycott des élections par les syndicats des professionnels de santé que l’ordre a été contraint de prendre la décision du report. La non tenue de ces élections à deux reprises traduit un constat d’échec pour l’actuelle équipe du conseil de l’ordre et une satisfaction (et non pas une victoire) des centrales syndicales.
Cet événement appelle des réflexions sur les deux protagonistes du conflit. Le conseil de l’ordre n’a peut-être pas perçu les changements des mentalités au sein de la profession qui réclame, à l’instar du reste de la population marocaine plus de démocratie, une prise en charge de leur préoccupation. Un changement des mentalités est en train de s’opérer à grande échelle depuis les années 2000 et les professionnels de santé s’inscrivent dans ce changement qui rejette la politique du paternalisme et du fait accompli.
Il est clair que les lois votées doivent être respectées scrupuleusement. Mais leur contenu doit être auparavant discuté par les professionnels de manière à créer l’adhésion. Il semblerait que le conseil de l’ordre n’aurait pas suivi cette approche dans les dernières modifications de la loi le régissant. Les amendements des syndicats portant sur les modalités de désignation du président et sur ses prérogatives n’ont pas été pris en compte.
Il est clair qu’au vu de ce report et du peu de candidats présentés, le syndicat a montré sa faculté de mobiliser sa base militante sur la quasi-totalité des régions à l’exclusion de la région de Rabat. Ce fait lui procure le statut d’un interlocuteur qu’on ne peut plus contourner. Par ailleurs, ce conflit a donné l’occasion aux sept syndicats de se regrouper et de parler d’une seule voix, ce qui est une première. Cependant, la gestion future du problème repose sur une maîtrise réfléchie de la communication vis-à-vis de la base et des médias.
Que va être la suite de ce conflit ? Deux hypothèses se dégagent. La première est celle d’un compromis. Le conseil de l’ordre va accepter de discuter la révision des textes qui seront présentés à la session parlementaire d’octobre 2006. En faveur de cette hypothèse, le choix de la date du report des élections au 23 novembre, laisserait le temps aux discussions pour la révision des textes et leur présentation à temps à la session d’octobre du parlement. La deuxième hypothèse est le maintien du statut-co. Chaque protagoniste campera sur ses positions. Dans une telle situation, on se dirigera vers le durcissement du conflit. Si les élections venaient à se retrouver dans l’incapacité de se tenir pour la troisième fois, l’équipe de l’actuel conseil de l’ordre devrait prendre ses responsabilités.
En conclusion, il est important de rappeler la nécessité de bien centrer les attributions du conseil de l’ordre sur l’éthique, la déontologie, la formation médicale et la discipline. Les questions salariales et tarifaires des actes médicaux sont du domaine syndical.
Les professionnels de la santé réclament un nouveau cadre juridique du conseil pour mieux assainir le secteur. L’objectif final étant de mieux servir le patient en offrant des soins de qualité dans des conditions morales et environnementales convenables. Par cette stratégie, l’image de la profession regagnera la confiance de la population et placera le médecin à la place qu’il doit occuper au sein de la société à savoir un interlocuteur privilégié de la famille.

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(c) Repère médical n° 2

 

 

 

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