[ Liste des articles du n° 61 ]
Les myorelaxants
Synonymes de décontracturants musculaires, de myorésolutifs ou de relaxants neuromusculaires, les myorelaxants sont utilisés dans deux circonstances principales : en rhumatologie-traumatologie lors de lésions ostéo-articulaires associées à des contractures musculaires relèvant d?une exagération des réflexes nociceptifs par stimulation des fibres fines, ainsi qu?en neurologie dans le traitement de la spasticité due à une contracture pyramidale due à une hyperréfléxivité ou d?un clonus témoignant d?une exagération du réflexe d?étirement.
Classification
Sur la base de leurs indications, on distingue :
- les décontracturants qui lèvent les contractions musculaires et douloureuses,
- les antispastiques qui réduisent la spasticité.
Et sur la base de leur mécanisme d?action, on distingue :
- les médicaments à action directe sur la fibre musculaire : dantrolène
- les médicaments à action médullaire : baclofène, méphénesine, idrocilamide
- les médicaments à action centrale : les benzodiazépines.
Il est à noter que les curares agissent en bloquant la transmission nerf/muscle, mais ne sont pas utilisés en pratique comme des myorelaxants.
Indications
Les myorelaxants servent à traiter l?exagération du tonus musculaire (spasticité), qui apparaît lors des hémiplégies, des paraplégies et de la sclérose en plaques. Ils sont particulièrement utiles lorsque la spasticité est un obstacle important à la rééducation fonctionnelle. Certains myorelaxants sont aussi prescrits dans le traitement d?appoint des contractures musculaires douloureuses au cours d?affections vertébrales telles que le torticolis, les douleurs du dos siégeant à la hauteur des vertèbres dorsales (dorsalgies) et des vertèbres lombaires (lombalgies), ou encore au cours d?affections consécutives à un traumatisme ou de menstruations douloureuses.
Mode d?administration
Le dantrolène, le baclophène, le chlormézanone, l?idrocilamide, le thiocolchicoside, la méphénésine, le méthocarbamol, le tétrazépam et la chlorproéthazine sont administrés par voie orale ou injectable.
Plusieurs de ces substances sont également commercialisées sous forme de pommade et conseillées alors pour des massages en rééducation fonctionnelle et dans le traitement local des contractures douloureuses.
Effets indésirables
Plus important avec le baclofène Ils englobent une somnolence diurne (surtout à doses élevées) et à d?assez rares troubles neuropsychiques (hallucinations, euphorie, confusion mentale, dépression respiratoire, obnubilation passagère, asthénie) et gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhée, maux d?estomac), des cas d?atteintes hépatiques ont été rapportés avec le baclofène, le dantrolène ou l?association avec le paracétamol.
Contre indications
Antécédent d?allergie à l?une des molécules, myasthénie, insuffisance hépatocellulaire.
En plus, pour les benzodiazépines, insuffisance respiratoire sévère, syndrome d?apnée du sommeil, insuffisance hépatique sévère, glaucome à angle ouvert.
Pour l?Idrocilamide qui est une présentation locale, il ne faut pas appliquer sur les plaies et les muqueuses.
Précaution d?emploi
Les principales précautions d?emploi des benzodiazépines sont les modalités d?arrêt progressif du traitement qui doivent être énoncées au patient de façon précise (nécessité de décroissance progressive des doses et possibilité d?un phénomène de rebond). Il faut également avertir les conducteurs de véhicules et les utilisateurs de machines du risque de somnolence.
L?administration intraveineuse ou intramusculaire du diazépam n?est pas conseillée. Réduire la posologie du thiocolchicoside en cas de diarrhée est également nécessaire. Enfin, un contrôle des transaminases, des phosphatases alcalines et de la glycémie en cas d?affection hépatique ou de diabète s?imposent avec les antispastiques.
Grossesse et allaitement
G : Les études effectuées chez l?animal ont mis en évidence un effet tératogène.
En conséquence, l?utilisation de ces médicaments est déconseillée pendant le premier trimestre de la grossesse.
Pour les benzodiazépines des doses élevées pendant le 3ème trimestre peuvent intoxiquer le nourrisson à la naissance et provoquer des hypotonies ou des détresses respiratoires.
A : L?utilisation de ces médicaments pendant l?allaitement est déconseillée pour les benzodiazépines et contre indiquée pour les autres.
Interactions médicamenteuses
Pour les benzodiazépines, l?association est déconseillée avec l?alcool et à prendre en compte avec les autres dépresseurs du système nerveux central, à savoir les dérivés morphiniques, les neuroleptiques, les barbituriques, les autres anxiolytiques, les hypnotiques, les antidépresseurs sédatifs, les antihistaminiques H1 sédatifs, les antihypertenseurs centraux, le baclofène, et le thalidomide pour un risque de majoration de la dépression centrale et de dépression respiratoire pour les dérivés morphiniques.
Surdosage
Pour les benzodiazépines une dépression du système nerveux central pouvant aller de la somnolence jusqu?au coma, selon la quantité ingérée. Pour les autres myorelaxants une hypotonie musculaire qui peut durer 72 heures, pouvant atteindre les muscles respiratoires avec ou sans troubles de conscience pouvant aller jusqu?au coma.
La prise en charge nécessite un arrêt immédiat du traitement, un transfert immédiat en milieu spécialisé, l?élimination rapide du produit ingéré et le traitement symptomatique des défaillances viscérales.
Les traitements myorelaxants sont difficiles à évaluer, car il n?existe pas de critère objectif pour mesurer la contraction musculaire. En revanche, ils sont purement symptomatiques.
La suppression du traitement doit être lente et progressive. Il semble logique d?associer certains myorelaxants. Finalement, le bénéfice thérapeutique dépend non seulement de l?amélioration de la symptomatologie, mais également des effets secondaires.
BIBLIOGRAPHIE
1)Guide de prescription Maroc, 2 008.
2)Atlas de poche de pharmacologie, 2006.
Dernières Articles en ligne
.:. Haut de la page
(c) Repère médical n° 61