[ Liste des articles du n° 61 ]
Lutte contre les maladies oculaires au Maroc
Grâce à la mobilisation des ophtalmologistes, et à la sensibilisation des décideurs, la santé oculaire du pays a toujours été une des préoccupations majeure du ministère de la santé. L’enquête nationale réalisée en 1992 par le ministère de santé en collaboration avec l’OMS, avait montré que la prévalence de la cécité était de 0,72 % et que 2,7 % des citoyens sont malvoyants. Dès lors, on a pris conscience de l’impact socio-économique de la perte de productivité liée à la cécité sur les individus, les familles, la communauté et le pays tout entier.
Un programme national de lutte contre la cécité était mis en application dès 1993 appuyé fortement par l’OMS, les ONG nationales et internationales. Il visait en priorité la cataracte : 1ère cause de cécité évitable puisque responsable de 50 % des cas de cécité au Maroc, et la 2ème priorité élit le trachome qui sévissait à l’état endémique dans cinq provinces du royaume : Errachidia, Figuig, Ouarzazate, Tata et Zagora, et pour lequel un programme particulier a été consacré dans les provinces suscitées.
Les ressources humaines engagées dans ce programme ont été le facteur déterminant. Le ratio ophtalmologiste par habitant est de 1/68 000 avec une très inégale répartition dans les différentes provinces du royaume. Par exemple, 1/16 000 pour la préfecture de Rabat contre 1/464 500 pour Taroudant.
Depuis, sont réalisées chaque année (secteur public et privé confondus) environ 25 000 interventions de cataractes dans l’ensemble du Royaume sachant qu’il y a 30 000 nouveaux cas chaque année et qu’il existe un passif de 400 000 cataractes en instance de chirurgie, Ceci est lié à l’augmentation de la population et au vieillissement avec l’allongement de la moyenne d’espérance de vie. C’est dire le lourd fardeau du programme qui vise à éradiquer les autres causes de cécité et de malvoyances : le glaucome, les complications oculaires du diabète, la cécité chez l’enfant et les traumatismes oculaires.
Il s’agit évidemment d’un grand défi à relever puisqu’il s’inscrit dans le programme mondial de l’OMS qui vise à éradiquer la cécité évitable d’ici l’an 2 020.
Dans notre contexte il faut reconnaître l’existence d’une inégalité de répartition des ressources humaines. De plus, la formation des professionnels de santé spécialisés en ophtalmologie (ophtalmologistes, opticiens, orthoptistes et infirmiers spécialisés) n’est toujours pas en adéquation avec les besoins du pays et pour cela une plus grande collaboration avec le ministère de l’enseignement supérieur est souhaitée.
La politique de santé actuelle menée par le Ministère de la santé ne concerne que le secteur public. Cependant, le secteur privé échappe aux programmes nationaux et son implication est impérative si on vise à réaliser des objectifs raisonnables.
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