[ Liste des articles du n° 5 ]
La mortalité infantile
Le taux de mortalité infantile mesure la fréquence des décès d’enfants de moins d’un an. Il est exprimé pour 1 000 nouveau-nés. Souvent en pratique, ce taux est calculé en tenant compte des mortalités chez des enfants de moins de 5 ans.
Il a atteint 55 pour mille en moyenne dans le monde en 2005, avec des différences importantes d’un pays à l’autre et des extrêmes allant de 150 pour mille au Niger contre 4 pour mille en France. Ces écarts entre les taux de mortalité infantile des divers pays doivent être interprétés avec prudence, étant donné qu’il existe d’importantes différences entre les pratiques cliniques et les méthodes de classification des naissances vivantes adoptées par chacun.
Deux termes connexes sont employés pour décrire la mortalité infantile : la « mortalité néonatale », désignant le décès d’un enfant de moins de 28 jours, et la « mortalité post-néonatale » désignant le décès d’un enfant âgé de 28 jours à un an.
En effet, il existe une corrélation entre un faible poids à la naissance et des taux plus élevés de mortalité et de morbidité infantile. Des écarts régionaux et temporels dans la classification des naissances de bébés pesant moins de 1 500 g parmi les naissances vivantes ont été signalés dans la littérature médicale.
La plupart de ces décès peuvent être évités au moyen d’interventions existantes à la fois simples, efficaces, et d’un coût abordable. La promotion de l’allaitement maternel, la vaccination ainsi que des soins qualifiés pendant la grossesse et l’accouchement représentent les principaux moyens parmi d’autres pouvant réduire la mortalité des enfants de bas âge avec une sensibilisation soutenue grâce aux différents moyens informatifs et de communication. Cette approche exige un investissement massif dans les systèmes de santé, et en particulier le déploiement de professionnels de santé beaucoup plus nombreux, notamment des médecins, des sages-femmes et des infirmières.
Principales causes de la mortalité infantile
Selon le rapport sur la santé dans le monde réalisé en 2005 par l’Organisation Mondiale de la Santé, près de 90 % de décès d’enfants de moins de cinq ans sont dus à six principaux problèmes de santé : les problèmes aigus du nouveau-né principalement la prématurité, l’état de mort apparente à la naissance et les infections représentent 37 % ; les infections des voies respiratoires inférieures principalement la pneumonie avec une fréquence de 19 % ; la diarrhée à 18 % ; le paludisme à 8 % ; la rougeole à 4 % et le syndrome d’immunodéficience acquise transmis verticalement de la mère à l’enfant dans 3 % des cas. D’autres causes sont la conséquence indirecte de la marginalisation, la malnutrition et le manque d’eau salubre et d’assainissement.
La mortalité infantile dans le monde
Partout dans le monde, le taux de mortalité infantile est souvent employé comme indicateur de l’état de développement d’un pays dans le domaine de la santé.
Selon les statistiques mondiales de l’année 2005, 1 enfant sur 18 meurt dans sa première année. Cela représente 7,6 millions de décès d’enfants de moins d’un an en une année.
La plupart des décès infantiles ont lieu dans les pays en développement. C’est en Asie du Sud et en Asie centrale qu’il y a le plus de décès néonatals, et en Afrique subsaharienne que les taux de mortalité infantile de 1 à 5 ans sont les plus élevés. L’Afrique en concentre en particulier 40 %, alors qu’elle n’abrite que 14 % de la population mondiale avec un taux de mortalité infantile le plus élevé de tous les continents qui est estimé à 89 pour mille.
D’ailleurs, une des causes de l’inégalité d’espérance de vie entre les pays réside dans l’inégalité du taux de mortalité infantile. Cette dernière peut dépasser les 300 pour 1 000 dans les pays les plus pauvres, contre environ 5 pour 1 000 dans les pays développés. Cependant, les pays où la mortalité infantile est la plus élevée sont souvent ceux qui ont le taux de fertilité le plus élevé. Au fait, la pauvreté, la malnutrition, le manque de médicaments et de soins concordent bien avec l’absence de régulation des naissances. La surmortalité des petites filles remarquée dans les statistiques n’est expliquée que par la persistance de l’infanticide des petites filles qui est encore d’actualité dans certains pays tels l’Inde et le Pakistan.
L’objectif principal de l’UNICEF est de réduire la mortalité infantile d’ici à 2 015 en réduisant de deux tiers le taux de mortalité infantile en passant de 93 enfants sur 1 000 mourant avant l’âge de cinq ans en 1990 à 31 pour 1 000 en 2 015.
Mortalité infantile au Maroc
Selon le rapport sur la santé réalisé en 2005 par l’OMS, le taux de décès parmi les enfants marocains âgés de moins de 5 ans était en 2003 de 3,9 %. Actuellement, il se situe selon la même organisation entre 3,2 % et 4,5 %. Comparé à certains pays arabes, il est presque similaire que le taux à l’Egypte, un peu faible par rapport à l’Algérie avec ses 4,1 % et plus élevé par rapport à celui de la Tunisie qui n’enregistre que 2,4 décès sur 100 naissances.
Cependant, au Maroc le nombre des décès des enfants principalement de bas âge est de plus en plus faible, grâce à plusieurs facteurs, à savoir la vaccination contre les maladies infantiles, l’encouragement des consultations prénatales et l’assistance des femmes au moment de l’accouchement.
En effet, le programme élargi de vaccinations mis en place par le ministère de la Santé ces dernières années, ayant pour objectif l’éradication de plusieurs pathologies infectieuses responsables de l’élévation des mortalités dans le compte infantile tel la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et la rougeole, a participé dans l’abaissement du taux de décès infantile au sein du royaume. Dernièrement, le Maroc a joint aussi à son programme la vaccination contre l’Hépatite B et contre la rubéole.
Selon l’enquête sur la population et la santé familiale réalisée en 2003-2004 sous l’égide de l’INAS, neuf enfants sur 10 (89 %) âgés de 12 à 23 mois ont été complètement vaccinés. Certes, cette couverture vaccinale varie selon le milieu de résidence : 94 % en milieu urbain contre 84 % en milieu rural.
Toutefois grâce à la promotion de la vaccination, le Maroc a pu éradiquer la poliomyélite depuis 1988 et la diphtérie depuis 1992.
Outre ce programme de vaccination, le taux de la mortalité infantile a reculé suite à un renforcement de la lutte contre les maladies diarrhéiques et les infections respiratoires aiguës, ceci grâce à des programmes spéciaux, aux renforcements des structures sanitaires de base et à l’usage de différents moyens de communication et d’information de la population aussi bien en urbain qu’en rural.
En outre, le suivi médical par des consultations prénatales régulières couronné par l’assistance à l’accouchement qui concerne désormais 63 % des naissances ne peut que faire partie des facteurs réduisant ce taux de mortalité infantile au niveau des différentes régions du royaume.
Assurément, cette réduction du taux de mortalité infantile continue d’être une des priorités des programmes sanitaires du ministère de la santé publique. Ainsi le plan d’action actuelle a mis pour but une réduction à 30‰ de la mortalité infantile d’ici 2007, un taux qui pourra être atteint surtout avec l’avènement de « l’initiative nationale de développement humain » qui consacre au secteur de la santé une part importante en matière de réforme hospitalière, d’assurance maladie obligatoire et du principe de régionalisation afin de favoriser un accès plus large aux soins de santé de base et une amélioration considérable des conditions de vie de la population plus particulièrement des plus démunis.
Prise en charge préventive de la mortalité infantile par les organismes mondiaux
En partenariat avec les gouvernements, l’OMS et d’autres acteurs, l’UNICEF fournie de nombreux effort afin de pouvoir abaisser le nombre de décès néonatals et de jeunes enfants imputables à des causes que l’on peut prévenir et traiter facilement, en offrant des interventions rentables, éprouvées et à fort impact en faveur de la santé et de la nutrition des enfants. Parmi ses objectifs est d’étendre la couverture vaccinale à au moins 90 % au niveau national et à 80 % dans tous les districts, en visant tout particulièrement les groupes de population mal protégés et l’éradication définitive de certaines pathologies infectieuses et virales telle la poliomyélite et la rougeole.
La santé de la mère est aussi essentielle pour un nouveau-né, notamment à la lumière de nouvelles recherches qui suggèrent qu’un bon environnement néonatal est une garantie de santé future. Avec l’OMS et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), l’UNICEF soutient des programmes de santé communautaires très complets pour les femmes enceintes, auxquels il apporte une assistance technique et financière. Ces programmes contribuent à la distribution de suppléments en micronutriments, des vaccins, des antipaludéens et des moustiquaires traitées à l’insecticide, etc. De plus, elle s’efforce d’élargir l’accès aux connaissances dans diverses domaines telle la meilleure pratique de l’allaitement maternel et de l’alimentation d’appoint, en matière d’hygiène, d’évacuation sans risque des excréta et de l’éducation sanitaire. D’autre part, elle offre des soutiens financiers et du matériel de base (accès et approvisionnement en eau, équipements d’assainissement…) afin de garantir une meilleure gestion des maladies infantiles. En outre, elle appuie les gouvernements pour soutenir les politiques et les budgets, renforcer les capacités techniques de ces programmes, et encourager la création de partenariats pour regrouper des compétences et des ressources, notamment en qualité de promoteur, de facilitateur et de coordinateur dans les situations d’urgence.
La mortalité des enfants entre 0 et 5 ans est un bon indicateur du niveau de développement d’un pays. Plus celui-ci est pauvre, plus la mortalité infantile est élevée.
Pourtant, près des 2/3 de ces décès pourraient être évités si les enfants avaient accès aux vaccinations et à une plus grande hygiène, ce qui souligne l’importance de la proximité des services de santé pouvant répondre au moins à cette demande. En d’autres termes, tout projet d’appui au développement de services de santé a un impact direct sur la mortalité infantile. Ainsi, améliorer l’accès aux soins constitue le premier pas permettant de réduire la mortalité infantile.
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