[ Liste des articles du n° 5 ]


Les élections du conseil de l’ordre des médecins Erreur de jugement

Le conseil national de l’Ordre des médecins a invité l’ensemble des praticiens du pays à venir voter le 26 novembre 2006 pour élire les membres du conseil national alors que l’élection des membres des conseils régionaux, qui devrait normalement se tenir en même temps, n’est pas à l’ordre du jour.
Cette décision, prise en dehors d’un accord préalable avec les syndicats professionnels est considérée comme une ouverture des hostilités à l’égard de ces derniers. Les syndicats rappellent la série d’entretiens qu’ils ont eu avec les différents responsables : bureau du conseil de l’ordre, ministère de la santé, secrétariat général du gouvernement et les multiples doléances adressées au Premier Ministre. Ces entretiens n’ont pas abouti à un accord. Chaque partie est restée sur ses positions. Les représentants des médecins revendiquent la démocratisation de l’Ordre par des signes forts à savoir l’élection de son président. Sur ce point ils rappellent que les médecins sont bien les seuls à avoir un ordre où le président est désigné, sachant que tous les autres Ordres ont des présidents élus. Ils réclament aussi de procéder à une réforme profonde de la loi et d’élaborer un nouveau code de déontologie. Celui qui est actuellement en vigueur, date de 1953 et n’est applicable qu’aux médecins du secteur privé. Les réclamations portent également sur la mise à niveau des textes, d’abord dans le sens de leur enrichissement, car la profession connaît plusieurs domaines nouveaux où il existe un vide juridique et ensuite, dans le sens d’une réactualisation, car certains textes sont soit périmés soit obsolète et de ce fait ils nécessitent une mise à jour. Parmi ces textes, on peut citer ceux relatifs au temps plein aménagé des médecins universitaires, à l’exercice non autorisé de la médecine, à l’admission de nouvelles spécialités et les textes régissant les nouvelles pratiques comme la fécondation in vitro… la liste est longue.
D’autres revendications ne sont pas moins importantes à savoir l’autonomie effective des conseils régionaux, la précision de leur attribution et la clarification de leur responsabilité et de leur représentation au Conseil National. Le règlement intérieur concernant les élections et la gestion de l’ordre font partie aussi de ces revendications. De leur côté, les membres du Conseil National de l’Ordre ont répliqué à ces revendications, en précisant que le fonctionnement de l’institution, son rôle et sa constitution sont régis par des lois. C’est donc aux institutions législatives (le Parlement et la Chambre des Conseillers) de les modifier et c’est à ces institutions que doit être adressée toute demande de modification des statuts. Le constat des divergences est dressé. Le divorce semble consommé.
Par ailleurs, le Conseil de l’Ordre a décidé de tenir son assemblée générale le 12 novembre, assemblée qui ne s’était pas tenue depuis 12 ans ! Il y aura peut-être des surprises à cet événement car les syndicats appellent à une mobilisation au siège du conseil le même jour.
Cette situation de confrontation est bien évitable car l’intelligence consiste aussi à montrer la capacité de négocier et de gérer les divergences. Le Maroc est en transition, une nouvelle génération est née avec une nouvelle mentalité qui n’accepte plus le fait accompli et qui revendique le droit de gérer sa profession et d’assumer sa responsabilité. Cette mouvance d’esprit est donc bien présente, l’ignorer exposerait à des conflits de générations et constituerait à la fois une erreur fatale dans l’approche et la gestion du conseil et également dans le jugement de la situation au sein de la profession médicale.

PR. Farid Hakkou

Dernières Articles en ligne

 

.:. Haut de la page

 

(c) Repère médical n° 5

 

 

 

Ajouter une annonce  |  Abonnement  |  Depêches  |  Contactez-nous

 
  ©2009 Repère médical   | Conception : ADK Media | Partenaire : Mode femme