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Histoire de la pénicilline
Si le besoin est le principal moteur des découvertes de l’humanité, la main divine, appelée par certains la « chance », est omniprésente. Ainsi, le hasard a voulu que dans le laboratoire de bactériologie de Saint-Mary’s Hospital à Londres (spécialisé dans la recherche sur les vaccins), un jeune docteur en médecine, Alexandre Fleming, de retour de vacances le 3 septembre 1928, retrouve ses boîtes de Pétri ou il cultivait du staphylocoque. Il fut surpris de constater que ses boîtes étaient envahies par des colonies de moisissures (Penicillium Notatum). S’apprêtant à les jeter, il remarqua que ses cultures de staphylocoque avaient disparu autour des colonies de Penicillium ; Il émet l’hypothèse qu’une substance sécrétée par le champignon en est responsable. Il l’appelle aussitôt… « Pénicilline » ! L’année suivante, Fleming publie le compte-rendu de sa découverte sans en mesurer toute la portée et pendant une dizaine d’années, la pénicilline ne servit qu’à identifier des bactéries (Bacillus Influenzae).
Mais d’où le champignon venait-il et quelle sorte de champignon était-ce ?
L’histoire raconte volontiers qu’il vint par une fenêtre ouverte, mais ceci n’est pas exact puisque Fleming ne laissait jamais une fenêtre de son laboratoire ouverte. La porte, au contraire, restait habituellement ouverte. Le même été et au même endroit un jeune mycologue irlandais, Charles J. Latouche sur des champignons provoquant des allergies chez des malades atteints d’athée. Il s’avéra que le champignon des cultures d’Alexandre Fleming était le même que celui que Latouche avait apporté à l’hôpital. Le champignon fut identifié comme Penicillium notatum, en fait une des rares variétés des Penicillium qui produit de la pénicilline.
Dix années plus tard, Sir Howard Florey et son équipe de l’université d’Oxford, Ernst Boris Chain (chimiste juif fuyant le nazisme) purifient la molécule et la testent sur un lot de souris injecté avec une dose mortelle de Streptocoques. Les résultats spectaculaires furent aussitôt publiés au Lancet, août 1940.
Dans une Angleterre en guerre, les chercheurs trouvèrent aux états unis d’Amérique le climat favorable pour l’essor de leur découverte « empreintée ». En effet, en collaboration avec une usine de purification biologique des eaux usées, nos chercheurs arrivent à fabriquer de grandes quantités de pénicilline grâce à une autre espèce de Penicillium
(Penicillium Chrysogenum).
Les laboratoires américains Merck, Pfizer et Squibb se lancent les premiers dans l’aventure de la production à grande échelle des antibiotiques insatiable à nos jours.
Très vite, la pénicilline est mise à profit pour guérir les malades victimes de maladies microbiennes et d’infections.
Première d’une nouvelle famille de médicaments qualifiés d’antibiotiques, elle participe au sauvetage de nombreux blessés sur le front. Elle ouvre aussi la voie à la guérison de nombreuses maladies comme la syphilis
On estime que les antibiotiques, découverts par inadvertance par Alexander Fleming, ont permis de prolonger d’une dizaine d’années l’espérance de vie des hommes.
Le savant a été anobli et, en 1945, a reçu le prix Nobel de physiologie médecine avec Chain et Florey.
La pénicilline a été obtenue à partir de souches de champignons nommées pénicillium notatum. Ce n’est que plusieurs années après la découverte de la pénicilline que l’on élabora la formule chimique de celle-ci : C8H11N2O3S ---- R.
Cette formule chimique se divise en deux parties. Premièrement, C8H11N2O3S est la formule de l’acide péniciloïque que l’on nomme également pénicilline naturelle. C’est ce qui est obtenu lors de la fermentation du champignon. Ensuite, le radical R qui est rattaché à la formule représente les différentes protéines que l’on peut greffer synthétiquement à la pénicilline naturelle. Comme il sera expliqué plus tard, on annexe différentes protéines à la pénicilline naturelle afin de diversifier le champ d’action de celle-ci. Chaque pénicilline possède un nom différent selon la protéine qui lui est annexée.
En jouant sur la relation structure activité on découvrit par la suite plusieurs pénicillines. La pénicilline V sous forme de comprimés stables au pH gastrique qui peut donc s’administrer oralement. La péni M résistante à la pénicillinase secrétée par le staphylocoque. La péni A à large spectre car active sur certains bacilles gram négatif. Les ureido et carboxy pénicillines actives sur le pseudomonas.
Il y a 75 ans, Sir Alexander Fleming découvrait la pénicilline qui révolutionna le pronostic des maladies bactériennes. Déjà à l’époque, il prédisait que la résistance aux antibiotiques pourrait un jour menacer sa découverte… la résistance constitue aujourd’hui la plus grande préoccupation des spécialistes des antibiotiques.
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