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La grippe : courante mais dangereuse

La grippe est une infection respiratoire aiguë qui se présente sous des formes cliniques variables et d’importance fluctuante.
Véritable problème de santé publique, elle constitue à la fois une affection courante et dangereuse, faisant partie du paysage hivernal. Elle est si familière qu’elle est parfois perçue comme une maladie bénigne. Pourtant, elle peut être une affection grave, surtout chez les personnes fragiles, âgées ou présentant des pathologies chroniques.
Elle continue à représenter l’un des plus importants problèmes épidémiologiques de notre temps. Les principales particularités du phénomène grippal sont représentées par son ubiquité, l’instabilité génétique des virus responsables, la rapidité de sa diffusion, l’existence d’éventuels réservoirs animaux, ainsi que par la présence quasi permanente d’un potentiel pandémique.

Selon l’OMS, les épidémies annuelles de grippe entraînent 3 à 5 millions de cas graves et de 250 à 500 000 décès par an dans le monde. En terme de dépenses économiques, elle engendre en France, chaque année, un surcoût qui varie de 230 à 840 millions d’Euros, selon l’intensité de l’épidémie.

Virologie
C’est une infection originale par rapport aux autres infections virales. Elle est due principalement à deux types de virus Influenza de la famille des orthomyxoviridae A et B.
Ce virus montre une forte affinité pour les mucosités respiratoires en particulier. C’est un parasite intracellulaire qui a besoin d’une cellule hôte qu’il détourne de son activité habituelle pour en faire une "usine à virus". Les cellules infestées sont détruites. Le virus de la grippe se présente sous trois types possibles correspondant chacun à des antigènes spécifiques :
- Le virus A est le plus virulent. Il infecte la population humaine et les animaux, tôt dans la saison hivernale. Responsable des épidémies, vu sa capacité à évoluer rapidement. Il comporte deux sous-types importants pour l’homme : A (H1N1) et A (H3N2), ce dernier étant le plus souvent retrouvé en cas de décès.
- Le virus B infecte uniquement l’Homme, plutôt à la fin de l’hiver. Il est surtout responsable des cas sporadiques de grippes.
- Le virus C est peu virulent, retrouvé volontiers chez des patients qui présentent un gros rhume accompagné d’un syndrome pseudo grippal.
Ce sont des Virus à ARN monocaténaire de polarité négative avec une capside de symétrie hélicoïdale, un génome segmenté en 8 fragments pour A et B et 7 segments pour C, une enveloppe avec des spicules d’hémagglutinine et neuraminidase, une matrice (protéine M1), et des particules virales entières de 80 à 120 nm.
Des mutations antigéniques mineures, dites de glissements, sur les deux principales protéines virales de surface, l’hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N), expliquent la survenue régulière, chaque année d’épidémies. Alors qu’à des intervalles irréguliers, de majeures mutations antigéniques à type de cassures, donnent naissance à de nouveaux sous-types de virus A provoquant des pandémies.
Cette perpétuelle instabilité antigénique au fil du temps a pour conséquence l’incapacité d’un organisme, immunologiquement vierge, de se défendre contre des souches nouvellement mutées, et la propagation rapide et incontrôlable au sein de la population.

Pour cette raison, des veilles sanitaires de par le monde sont mises en place pour tenter de prévoir les caractéristiques des nouveaux virus de chaque année et proposer un vaccin le plus adapté possible contre ces virus avant que l’épidémie n’arrive.
Ainsi, Tous les ans, à la mi-février, les experts de la grippe se réunissent au sein de l’OMS afin d’analyser les données récentes et de faire des recommandations sur la composition du vaccin anti-grippal suivant.
Epidémiologie
La multiplication des virus est très rapide et sa prolifération détruit les cellules du tractus respiratoire. Les défenses immunitaires qui se mettent en route pour défendre l’organisme atteint provoquent une inflammation locale plus ou moins sévère, source de fièvre et de douleurs et de symptômes respiratoires. Le virus de la grippe peut voyager à travers le monde en quelques semaines. Deux conditions suffisent pour qu’une épidémie apparaisse : que le virus soit virulent et que la densité de population soit suffisante.
Lorsque l’épidémie s’étend à toute une population voire au monde entier, on parle de pandémie. La dernière pandémie de grippe remonte à l’hiver 1968-1969.
Cette affection touche encore chaque année plusieurs millions de personnes et entraîne jusqu’à 500 000 décès par an, notamment chez les personnes âgées.
Généralement, au cours d’une épidémie, 5 à 20 % de la population peuvent être atteints par le virus grippal, avec cependant des variations selon l’âge, le mode de vie (collectivités) et le type de virus.

Transmission
Comme tous les virus enveloppés, le virus de la grippe est fragile, inactivé rapidement dans le milieu extérieur, par les solvants des lipides et les sels biliaires, les UV, le formol et de nombreuses substances chimiques. La transmission se fait par contacts humains rapprochés par inhalation de microgouttelettes respiratoires projetées lors de la toux et des éternuements de sujets infectés. De ce fait, la contamination sera d’autant plus rapide que les personnes sont réunies dans des lieux clos ou confinés.
L’incubation est courte, entre un et trois jours. Les virus envahissent les cellules des muqueuses respiratoires (nez, gorge et ensuite les bronches) du nouveau sujet et celui-ci devient à son tour contagieux.

Facteurs de risque
La grippe peut être plus grave chez des personnes de santé fragile : personnes atteintes de pathologies respiratoires chroniques (asthme, broncho-pneumopathie chronique obstructive, mucoviscidose…), personnes âgées, patients immunodéprimés, personnes atteintes d’un cancer évolutif, patients sous traitements immunosuppresseurs (chimiothérapie, greffes), ou toute autre maladie chronique.

Diagnostic
Le début de la symptomatologie grippale s’annonce brutalement. Les symptômes généraux précèdent les symptômes locaux. Une fièvre importante supérieure à 38 °C s’accompagne de douleurs musculaires et articulaires, de courbatures dorsales, de maux de tête, de frissons et d’asthénie. Des signes digestifs type nausées, vomissements, douleurs digestives, sont présents dans 1/5 des cas, et peuvent faire penser à une gastro-entérite.
Quelques heures après, apparaissent des signes d’atteinte des voies respiratoires avec une gêne respiratoire, le nez bouché et une toux. La pharyngite est souvent le premier signe, fréquemment accompagné d’une conjonctivite. La fièvre suit parfois une courbe assez typique : elle est élevée pendant les trois premiers jours, puis elle baisse brutalement sur vingt-quatre heures, et remonte pendant quelques heures, pour enfin décroître régulièrement.
La courbe thermique dessine alors un « V » Les médecins parlent du « V grippal ». L’évolution est le plus souvent favorable, seule l’asthénie et la toux pourront se prolonger pendant plusieurs semaines. Dans la plupart des cas, une grippe simple, chez un sujet sain, guérit spontanément en 4 à 7 jours. Chez des personnes fragiles, la grippe peut être grave, et une hospitalisation peut être nécessaire.
La confirmation du laboratoire est en revanche requise pour les cas se produisant en dehors des épidémies annuelles. On trouve depuis peu des tests rapides permettant de déceler les virus grippaux en 30 minutes. Malgré la disponibilité de ces tests, il reste indispensable de prélever des échantillons cliniques pour la culture virale, afin d’obtenir des informations sur les sous-types et les souches virales en circulation. Ces renseignements sont en effet nécessaires pour décider des traitements, de la chimioprophylaxie et de la formulation du vaccin pour l’année suivante.

Complications
Certaines grippes peuvent évoluer défavorablement plus particulièrement sur des terrains fragiles. En effet, les complications sont dues non seulement à la virulence des virus mais aussi à la mauvaise capacité d’un patient à lutter contre le virus de la grippe.
Les complications de la grippe sont principalement pulmonaires. Ainsi, la grippe peut se compliquer d’une surinfection bactérienne plus fréquemment chez les sujets âgés et ceux atteints de maladies chroniques cardiaques et/ou pulmonaires. Outre, la grippe peut se compliquer d’une pneumopathie grave avec une insuffisance respiratoire sévère plus particulièrement lorsque le virus est très virulent, cependant ces cas restent peu fréquents.
Quels que soient l’âge et la pathologie sous jacente, la grippe peut s’accompagner d’une aggravation des maladies pré-existantes.

Traitement
La prise en charge thérapeutique de la grippe comporte trois volets :
• le traitement étiologique : met en jeu des anti-viraux, essentiellement les inhibiteurs de la neuraminidase : « Oseltamivir » par voie orale, « Zanamivir » en inhalation, idéalement dans les toutes premières heures de l’apparition des symptômes ou dans les 24 à 48 heures qui suivent. Le traitement sera poursuivi pendant une durée de cinq jours.
• le traitement symptomatique : comporte des médicaments antipyrétiques pour lutter contre la fièvre et offrir le meilleur confort possible au patient, éventuellement des antitussifs prescrits contre une toux sèche et douloureuse, et des mesures hygiéno-diététiques seront conseillées (repos, hydratation, apport vitaminique).
•le traitement d’éventuelles complications : notamment des antibiotiques en cas de surinfection broncho-pulmonaire.
En cas de grippe grave associée à des décompensations cardiaques, pulmonaires, métaboliques ou d’une pathologie chronique pré-existante, une hospitalisation serait de mise.

Prévention
Vaccin antigrippal
La vaccination représente l’arme principale en terme de santé publique pour lutter contre l’infection grippale. En terme de prévention secondaire, le vaccin annuel constitue une bonne protection contre les complications liées à l’infection broncho-respiratoire. Elle est pratiquée au moins deux semaines avant le début de la saison grippale, en automne.
La composition du vaccin est réactualisée chaque année en fonction des données virologiques, en tenant compte du contexte épidémiologique, recueilli à travers le monde par des centres de référence nationaux et collectées par les quatre centres de référence mondiaux de la grippe coordonnés par l’OMS.
Les souches qui présentent le degré d’évolution antigénique le plus grand et capables de circuler à un niveau significatif sont candidates au vaccin.
Actuellement, ce sont des vaccins inactives préparés à partir de souches virales sélectionnées chaque année et mises en culture sur des œufs
embryonnés. Tous les vaccins sont trivalents et comportent une composante de virus B et deux du
virus A.
Le vaccin peut effectivement être indiqué chez toute personne. Cependant, il est fortement indiqué chez les personnes à haut risque de complications infectieuses et cardio-respiratoires pouvant êtres graves et mortelles.
Les situations considérées à haut risque et où le vaccin antigrippal est vivement recommandé sont : âge de plus de 65 ans, diabète type 1 ou 2, accident vasculaire cérébral invalidant, néphropathie chronique grave et syndrome néphrétique pur primitif, forme grave d’une affection neuromusculaire dont la myopathie, mucoviscidose, cardiopathie congénitale mal tolérée, insuffisance cardiaque grave et valvulopathie, insuffisance respiratoire chronique grave, déficit immunitaire grave nécessitant un traitement prolongé et déficit immunitaire acquis grave (SIDA), sujets vivant en maison de retraite ou autres institutions spécialisées de soins chroniques, enfants ou adolescents (6 mois à 18 ans) traités par l’aspirine au long cours en raison du risque de syndrome de Reye.

Toutefois, le vaccin peut être recommandé chez toute personne de la population générale qui souhaite réduire son risque de contracter la grippe, les femmes enceintes atteintes de maladies chroniques ou les voyageurs. Egalement pour tous les personnels de santé, ce qui peut limiter l’introduction du virus grippal dans certaines collectivités hospitalières.
Dernièrement, et suite à l’apparition des récentes épidémies de grippe aviaires, la vaccination des sujets contacts tels les éleveurs et les vétérinaires, s’est avérée favorable afin de réduire la probabilité de co-infection par des virus humains et aviaires, limitant ainsi les risques d’émergence d’une souche potentiellement pandémique chez l’homme.

L’efficacité du vaccin dépend avant tout de l’âge et de l’état immunitaire du sujet vacciné, ainsi que du degré de similitude entre les souches vaccinales et les virus en circulation. La vaccination antigrippale permet de réduire les dépenses de santé comme les pertes de productivité associées à la maladie.
Sur le plan efficacité vaccinale, celle-ci est évaluée par la diminution de l’incidence de la grippe dans les groupes vaccinés par rapport aux groupes non vaccinés. Cette évaluation est estimée de 40 à 80 %. En effet, certaines études réalisées de type cas témoin, ont bien démontré de manière significative que le risque de survenue d’une grippe chez les sujets vaccinés est moindre par rapport aux sujets non vaccinés.
Malgré cette efficacité toute relative du vaccin en termes de prévention primaire, toutes les études ont démontré une grande efficacité clinique du vaccin en termes de prévention secondaire. Ainsi, le vaccin diminue la sévérité et la durée de la maladie et induit une réduction significative des hospitalisations pour pneumonies et/ou de la mortalité liée aux complications de l’affection.

Les antiviraux
En plus de leur utilisation en traitement curatif, les antiviraux sont indiqués dans la prévention de la grippe. Ils ne constituent pas une alternative au vaccin, mais sont complémentaires de ce dernier.

Les principaux produits utilisés dans cette indication sont les inhibiteurs de la neuraminidase, représentés par 2 molécules : l’Oseltamivir, utilisé en prophylaxie par voie orale chez l’adulte et l’enfant de plus d’un an, et le Zanamivir, utilisé en prophylaxie par voie inhalée chez l’adulte et l’enfant de plus de sept ans.

Alors que la posologie en traitement curatif est de deux prises par jour pendant cinq jours, la prophylaxie se fera à raison d’une prise par jour. Il existe essentiellement trois types de prophylaxies par les antiviraux :

- La Prophylaxie Post Exposition : après un contact contaminant (le plus tôt dans les 48 heures après le contact), l’antiviral est administré une fois par jour pendant 7 à 10 jours.

- La prophylaxie saisonnière : dans certaines conditions (contre indication du vaccin chez un sujet fragilisé, ou dans l’entourage d’un sujet fragilisé…), le patient pourra bénéficier d’une prophylaxie antivirale à raison d’une prise par jour durant toute la durée de la saison grippale (pendant 6 à 8 semaines)

Cas particulier : après une vaccination, étant donné que l’immunité ne débute que 2 à 3 semaines après la vaccination, le patient pourra être protégé par une prophylaxie antivirale durant ce délai.

Possibilités de l’homéopathie dans le traitement de la grippe et des états grippaux
Les médicaments homéopathiques constituent un choix thérapeutique dans le traitement des états grippaux caractérisés par le cortège de la fièvre, frissons, toux, maux de gorge et fatigue générale avec l’avantage d’être dénué d’effets secondaires et pouvant être prescrit aussi bien aux adultes, aux enfants et aux nourrissons, ainsi qu’aux femmes enceintes.
Des essais cliniques, utilisant les méthodes modernes d’investigation scientifique, ont été menés sur « oscillococcinum » afin d’évaluer l’efficacité de ce produit dans le traitement précoce du syndrome grippal.
Les résultats cliniques positifs observés ont été publiés dans le British Homeopathic journal (1 998) 87, 69-76 sous la signature du R.PAPP et al et viennent confirmer ceux qui étaient observés dans les études menées auparavant et ceux qui sont constatés depuis de nombreuses années par les médecins et les pharmaciens dans leur pratique quotidienne en France.
Les thérapeutes Marocains disposent, depuis quelques années, d’un certain nombre de produits homéopathiques à base d’Arnica, Belladonna, Eupatorium perfoliatum, Gelsemium…
Ces médicaments sont des alliés de choix dans la lutte contre les affections hivernales comme les états grippaux, le rhume, la toux ou les maux de gorge et peuvent êtres utilisés en première intention. Toutefois, si les symptômes persistent, il est recommandé de consulter son médecin.
Ainsi, pour que la saison hivernale ne soit pas synonyme de rhumes à répétition, il serait judicieux de se munir de médicaments agissant efficacement et cela dès les premiers symptômes.

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