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Sondage sur l’AMP

Le site Aufeminin.com publie aujourd’hui 9 décembre 2010, le résultat d’un sondage en ligne sur les méthodes d’assistance médicale à la procréation (AMP) lancé en juillet 2009. Plus de 2000 femmes ont exprimé leur avis sur l’anonymat du don de gamètes, les mères porteuses ou le choix du sexe de l’enfant.
62 % seraient favorables à l’accès aux techniques d’AMP pour les couples homosexuels et les femmes seules et 64 % se disent pour le recours aux mères porteuses.
En revanche, 2/3 seraient opposées à ce que les femmes de plus de 43 ans aient accès à l’AMP, plus de 50 % sont contre la levée de l’anonymat du don de gamètes ou la rémunération des gamètes et 82 % s’opposent à la possibilité de choisir le sexe de l’enfant.
Le Dr Patrick Gaudray, directeur de recherche au CNRS et membre du CCNE (Comité consultatif national d’éthique) a été invité par l’Express à commenter les résultats de ce sondage.
Sur le principe, il dit n’être pas opposé à l’accès des célibataires et des homosexuels à l’AMP : dans "un monde où de plus en plus de couples se délitent", la notion de "couple hétérosexuel stable" ne "suffit pas à garantir à coup sûr un développement harmonieux de l’enfant", estime-t-il. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille que la loi l’autorise car "en France, la société est impliquée puisqu’elle finance ces techniques par le biais de la Sécurité Sociale, elle a donc son mot à dire. Or, je constate qu’une partie importante de la population y est opposée ; il faut tenir compte de cela."
En matière de mères porteuses, il estime que "les mères porteuses posent plus de questions qu’elles n’en résolvent". En effet, cette pratique impliquerait l’idée d’un "droit à l’enfant", c’est-à-dire "l’idée que toute femme pourrait réclamer d’avoir un enfant 'naturel' (au sens biologique), quand il existe d’autres possibilités, l’adoption par exemple". Par ailleurs, il convient de prendre en compte le conjoint de la mère porteuse, ses enfants, etc.
Enfin, concernant l’anonymat du don de gamètes, il pointe le risque "d’une dérive, une régression même dans la notion de filiation" car la "filiation n’est pas que du biologique". Il conclut : "La paternité, c’est une question de filiation, pas de biologie".

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(c) Repère médical n° 50

 

 

 

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