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Selon les estimations du rapport Onusida

Le Maroc compte environ 30 000 nouveaux cas de cancer par an.

Le tourisme du troisième âge

Après les spécialistes qui sont allés








 

 

[ Liste des articles du n° 50 ]


Politique ambitieuse de prévention et de dépistage précoce du cancer

Au Maroc, il y a à peu près 30 000 nouveaux cas de cancers par an, dont environ 1 200 cancers de l’enfant. Le cancer serait responsable de 7,2 % des décès, c’est le cancer du sein qui est le plus fréquent (36 %) suivi du cancer du col utérin chez la femme (13 %), alors que chez l’homme c’est le cancer du poumon qui vient en tête (24 %) suivi du cancer de la prostate (8 %).
La lutte contre le cancer est devenue un enjeu majeur pour tous : pouvoirs publics, secteur privé, ONG et associations professionnelles. Le développement d’un plan cancer est donc devenu une nécessité, étant donné le nombre de plus en plus croissant, le coût élevé des prises en charge et le rôle fondamental d’une politique de prévention et de programme de dépistage.
Ainsi sous l’impulsion de l’Association Lalla Salma de lutte contre le cancer, le Maroc a lancé l’élaboration d’un plan national de prévention et de contrôle du cancer, conformément à la stratégie mondiale de l’OMS.
L’objectif de ce plan est de réduire la morbidité et la mortalité imputable au cancer et d’améliorer la qualité de vie des patients et de leurs proches dans un cadre global et intégré basé sur la mobilisation sociale. Ce plan a pour caractéristique de vouloir assurer la mise en œuvre des droits des patients atteints de cancer en proposant un programme basé sur l’impartialité planifiant un service humain. Ce plan est fondé sur une approche intégrée multisectorielle, proposant des actions concrètes, durables et régulièrement réadaptées selon les priorités avec une vision à long terme, tirant le meilleur parti possible des ressources disponibles tout en étant adaptées au contexte socio-économique et culturel de notre pays.
Les stratégies d’intervention du plan sont développées en privilégiant le coté prévention et dépistage avec de grandes compagnes de communication et une forte mobilisation sociale.
Plusieurs actions ont été réalisées dans ce sens depuis trois ans par l’Association Lalla Salma de lutte contre le cancer en partenariat avec le ministère de la Santé, les collectivités locales et la société civile.
En effet, il est possible d’agir pour diminuer l’incidence de certains cancers, par la réduction ou l’élimination des facteurs de risque de cancers. Des facteurs de risque liés au mode de vie, à l’environnement ou au milieu professionnel, ont été clairement identifiés comme le tabac, l’alcool, le manque d’exercice physique, certains agents physiques, chimiques ou infectieux. D’autres, tels les champs électromagnétiques liés à l’usage des téléphones mobiles, font encore l’objet d’études.
Le coût du cancer est très lourd pour la société, toute action visant à éliminer les causes d’apparition d’un type de cancer représente un bénéfice, non seulement en vies humaines, mais encore économique et social. Faire précocement le diagnostic d’un cancer par du dépistage est un gain en vies humaines, car le taux de guérison est d’autant meilleur que la maladie est traitée au début de son évolution, mais ceci au prix d’un coût qui s’avère souvent prohibitif.
Certains cancers pourraient disparaître à plus de 90 % si nous adoptions un mode de vie -collectif et individuel- éliminant les causes de ces cancers.
L’usage du tabac (cigarette en particulier) est la cause de 95 % des cancers bronchiques. Le cancer de la vessie est directement lié au tabac, ce qui se comprend aisément car les goudrons absorbés avec la fumée s’éliminent par l’urine et stagnent dans la vessie. Le cancer de la vésicule biliaire, moins fréquent, est sous la même dépendance et pour les mêmes raisons d’élimination par la bile.
L’association du tabac et de l’alcool est la cause de la quasi-totalité des cancers de l’œsophage et des voies Aéro-Digestives Supérieures.
La précocité des rapports sexuels, le "multipartenariat" ainsi que l’usage des contraceptifs oraux s’avère une cause indirecte de l’apparition de plus en plus précoce des cancers du col de l’utérus.
Le rayonnement ultraviolet semble accroître la fréquence des cancers de la peau tumeurs noires de la peau ou mélanomes malins en particulier.
Plusieurs cancers environnementaux sont dus à de nombreux corps chimiques qui restent à identifier, et éliminer dans la mesure du possible, dans l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, et les aliments qui sont mis à notre disposition. Ces éventuels cancers nécessitent une recherche et une vigilance permanente
Les cancers du colon sont, dans certains cas sous la dépendance d’un facteur génétique, mais l’alimentation trop riche en graisses et l’obésité sont des facteurs de risque importants.
Les cancers de l’estomac très fréquents il y a 100 ans étaient en grande partie sous la dépendance de la consommation excessive d’aliments salés ou fumés.
La prévention primaire qui consiste à éliminer les causes, éliminerait plus de la moitié des cancers masculins et le cinquième des cancers féminins.
La prévention par élimination des facteurs de promotion est intéressante ; si un cancer a déjà été "initié" par un facteur héréditaire, il y a lieu d’éliminer, dans toute la mesure du possible, les facteurs considérés comme "promotionnels": Par exemple, s’il existe un risque familial de cancer du sein, il faut éviter tout déséquilibre hormonal intempestif donc toute prise d’hormone non contrôlée par un spécialiste.
L’identification des sujets à risque de cancer héréditaire ; il n’y a actuellement que trois cancers dont l’origine héréditaire soit certaine : le cancer de la rétine, le cancer du rein chez l’enfant et le cancer médullaire de la thyroïde.
Certaines maladies bénignes doivent entraîner une politique de vigilance ; tel est le cas pour les polypes (tumeurs bénignes) du colon.
Au total, on sait aujourd’hui énormément de choses sur les causes du cancer et sur sa prévention ou la prise en charge des malades. On pourrait réduire et endiguer cette maladie en appliquant des stratégies fondées sur des bases factuelles pour la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge des malades. Ainsi, on pourrait éviter environ 30 % des cas de cancer en modifiant ou en évitant les principaux facteurs de risque.

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(c) Repère médical n° 50

 

 

 

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