[ Liste des articles du n° 50 ]
SIDA au Maroc : Chiffres alarmants
Le nombre de personnes nouvellement infectées par le VIH a reculé de 20 % dans le monde, selon le rapport 2 010 de l’Onusida. Certes, la trajectoire de l’épidémie commence à se modifier car le nombre de personnes nouvellement infectées par le VIH diminue, tout comme le nombre de décès liés à la maladie. Sur les cinq dernières années, le nombre de décès liés au Sida a diminué de près de 20 % également du fait que les personnes atteintes vivent plus longtemps grâce à l’élargissement de l’accès au traitement antirétroviral. Ainsi, le nombre de personnes nouvellement infectées au cours de l’an dernier, est estimé à 2,6 millions contre 3,1 millions en 1999.
Le Maroc par contre ne suit pas cette tendance générale et continue à enregistrer de façon croissante, de nouveaux cas d’infections. À la fin septembre 2010, le Royaume comptait 5 319 cas cumulés de Sida. 55 % des nouveaux cas d’infections sont concentrés dans trois régions : Souss Massa Draâ (25 %), Marrakech-Tensift (18 %) et le Grand Casablanca (12 %). Par ailleurs, 52 % des nouvelles infections enregistrées en 2009, concernent des femmes.
Le nombre des infections au VIH est en progression à travers principalement les relations hétérosexuelles. Les données épidémiologiques montrent qu’entre 2005 et 2009, cette voie de transmission représentait 87 % du total des infections.
La situation est d’autant plus préoccupante qu’il y a, selon les estimations datant de 2 ans, au moins 25 000 Marocains qui portent le virus sans le savoir. Ces personnes ne bénéficient pas de traitement précoce et à chaque nouvelle relation sexuelle sans protection, elles propagent le VIH. Ainsi, il est essentiel que la majorité de ces 25 000 personnes soit dépistée parce que c’est l’une des conditions pour espérer ralentir l’épidémie dans notre pays.
La société civile marocaine et les ONG, alarmées face à la recrudescence de ce fléau, organisent régulièrement des actions de sensibilisation pour informer les citoyens des dangers du VIH et consolide de le plan stratégique du ministère de la santé de lutte contre le sida dont l’objectif principal est d’assurer un accès universel à des services de prévention, de soins et d’appui de qualité et des objectifs spécifiques pour renforcer les activités de prévention de qualité qui répondent aux besoins des populations vulnérables pour toucher 1 million de personnes à la fin de l’année 2011, accroître et diversifier les opportunités de conseil et de dépistage du VIH dans le respect du droit des personnes pour réaliser 150 000 tests d’ici à 2011, assurer des soins de qualité et une prise en charge psychosociale pour les personnes vivant avec le VIH, incluant l’accès aux ARV (antirétroviraux) pour 4 500 personnes et rendre effectif le leadership pour assurer une gestion et une coordination efficaces de la réponse multisectorielle au VIH/SIDA.
En revanche, l’avenir des financements de la lutte contre le sida dans un contexte de crise économique mondiale ou de l’accès futur, à un prix abordable, à des médicaments récents protégés par des brevets, pose quelques soucis. De ce fait, des choix politiques devront être faits pour que l’éradication de l’épidémie, avec une reconstitution des fonds du Fonds mondial de lutte contre le sida devront atteindre selon les prévisions, de l’OMS à 10 milliards de dollars.
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