[ Liste des articles du n° 1 ]


La grippe aviaire, épidémie du siècle

Véritable problème économique et de santé publique, la grippe aviaire est devenue une préoccupation gouvernemento-sociétale de plus en plus astreignante, à la une de tous les médias.
La maîtrise de cette menace biologique interpelle un développement institutionnel, des mesures communautaires et une forte coalition intergouvernementale et sociale.

La grippe aviaire, "grippe du poulet" ou "influenza aviaire" est une infection due à un virus de la famille des Orthomyxoviridae qui comprend plusieurs types dont l’Influenzavirus A. Ce dernier divisé en sous types parmi lesquels les sous-types H5 et H7 à tropisme respiratoire, entérique et/ou nerveux, atteignant les volailles et oiseaux domestiques ou sauvages. Habituellement silencieuse, les oiseaux infectés par une souche dite faiblement pathogène ne montrent aucun symptôme. Cependant, les souches faiblement pathogènes peuvent muter et circuler plus rapidement en intra et en inter troupeaux de volailles, en particulier lorsque les barrières sanitaires entre les élevages sont insuffisantes. Par conséquent, les souches des sous-types H5 ou H7 peuvent acquérir un haut degré de virulence et devenir des souches dites "hautement pathogènes". La maladie est alors fortement contagieuse surtout chez les poulets et les dindes, et est susceptible d’entraîner une mortalité élevée, provoquant ainsi des épizooties avec un éventuel risque d’infecter d’autres espèces animales comme le porc ou d’autres mammifères dont l’homme et l’on parlera alors de grippe aviaire de l’homme.
Légalement, l’influenza aviaire est définie comme une infection des volailles causée par tout virus influenza de type A ayant un indice de pathogénicité par voie intraveineuse supérieure à 1,2 ; ou toute infection causée par des virus influenza de type A et de sous types H5 ou H7 pour lesquels le séquençage des nucléotides a prouvé la présence d’acides aminés basiques multiples au niveau du site de coupure de l’hémagglutinine.

Souches du virus
Le virus de la grippe aviaire comporte trois types de souches :
- Souches vélogènes (HP ou « Hautement pathogènes »), sources d’épizooties très meurtrières caractérisées par une atteinte viscérale et/ou nerveuse associée ou non à des troubles respiratoires. À ce jour, ces souches correspondent aux sous-types H5 et H7.
- Souches mésogènes et lentogènes, respectivement moyennement à peu virulentes, sont à l’origine de troubles respiratoires ou nerveux qui s’accompagnent éventuellement d’une mortalité élevée.

Pouvoir pathogène du virus
Il est très variable selon les caractéristiques du virus et l’immunité de la cible. Les variations sont quantitatives selon que la souche est vélogène, mésogène ou lentogène, et qualitatives selon l’espèce touchée avec un tropisme tissulaire variable.
Le pouvoir pathogène peut être mesuré expérimentalement par l’indice de pathogénicité intraveineuse (IPIV) pour le poulet. Les souches HP ont généralement un indice supérieur à 1,2 qui témoigne d’une virulence élevée.
L’hémagglutinine virale semble le premier déterminant de la virulence des souches. Une séquence multibasique au niveau du site de clivage de l’hémagglutinine caractériserait les souches hautement pathogènes et très contagieuses. Cette propriété est fréquente chez les sous-types aviaires H5 et H7. Des souches initialement faiblement pathogènes peuvent à la suite de mutations affectant l’hémagglutinine devenir hautement pathogènes.

Origine du virus
Tous les sérotypes connus du virus de la grippe sont retrouvés uniquement chez les oiseaux. Plus récemment, par déduction à partir de l’arbre phylogénique des virus grippaux, il s’est avéré que l’oiseau était vraisemblablement l’hôte original du virus, et même qu’il était probablement d’origine asiatique dans le cas du H5N1.
Toutefois, il y a eu très peu de recherche de la prévalence du virus grippal chez d’autres espèces tel que l’homme, le porc, et le cheval. Or, depuis quelques décennies, des virus grippaux ont été détectés chez un bon nombre d’autres espèces d’animaux dites à sang chaud.
La question qui se pose actuellement est ce que l’oiseau héberge-t-il tous les types de virus parce qu’il en est l’hôte original et qu’il hébergeait l’ancêtre des virus contemporains ? ; ou parce que grâce au vol et à ses capacités de migration, il est le seul animal à fréquenter la quasi-totalité de la biosphère ?
Les virologues tentent de répondre à cette question en reconstituant l’arbre phylogénétique de l’ensemble des virus connus.

Réservoir du virus
Les sols ou eaux gelées de la zone paléarctique du Canada à la Sibérie en passant par la Norvège, la Suède, etc. pourraient jouer un rôle passif de réservoir hivernal pour le virus.
Les virus grippaux des oiseaux constituent un des gisements mobiles de gènes viraux. L’homme, le porc, la poule, le canard, l’oie, la caille, le cheval, le chameau et l’autruche en constituent d’autres réservoirs.
Ces espèces domestiquées, par leur promiscuité, par leur homogénéité génétique, et par le fait qu’elles ont échappé depuis quelques siècles ou décennies aux processus naturels de sélection, constituent aussi un stock de gènes viraux et des cibles de choix pour la grippe. Il est possible que des maillons écoépidémiologiques du virus soient encore ignorés.

Durée de vie
du virus
Le virus de l’Influenza aviaire est réputé mieux survivre dans les tissus, les excréments et l’eau.
Selon les données de l’AFSSA (mars 2005), il résisterait de quelques jours à quelques semaines dans les fientes (7 jours à 20 °C, 35 jours à 4 °C) et 3 mois dans une eau légèrement basique et à des températures modérées. D’autres sources portent cette durée à 105 jours voire plus sous 0 °C avec peut-être des différences selon les variants.

Incubation
Le temps d’incubation est estimé entre 24 et 48 h à 7 jours selon le virus, l’état de l’oiseau infecté et d’autres conditions mal comprises. Chez les poulets, la durée d’incubation semble parfois brève et un élevage peut connaître un taux de mortalité proche de 100 % en 48 heures. Le phénomène est plus rare dans la nature et mal compris chez les oiseaux porteurs asymptomatiques.

Contagion
Les voies de pénétration sont digestives et/ou respiratoires. La contamination se ferait essentiellement par transmission directe (contact) mais aussi indirecte (aliments contaminés par des fientes d’oiseaux sauvages, emballages souillés...).
Les anatidés migrateurs hébergent souvent de façon inapparente 38 des souches pathogènes pour les poulets. Les dindes et volailles guéries portent le virus influenza durant des mois, constituant encore une source de contamination pour d’autres volailles ou oiseaux sauvages. Des volailles vaccinées excrètent encore des virus au moins durant une semaine. Le sol souillé ou de nombreux objets souillés peuvent aussi jouer un rôle de vecteur « inanimé ». L’œuf infecté cru ou mal cuit est contaminant.

Localisation du virus dans l’organisme
Le virus affecte principalement les poumons et le tube digestif. Cependant, selon des données récentes de l’OMS confirmées en décembre 2005, certains virus hautement pathogènes, dont celui de la souche H5N1, se propageaient à quasiment tous les organes de l’oiseau, appelé l’attaque systémique. Ces données sont valables pour le chat, et probablement pour l’homme.

Diagnostic de la grippe aviaire chez l’animal
Certains ou la totalité des signes cliniques suivants sont observés chez les oiseaux infectés : silence et apathie extrême, chute soudaine de la production d’œufs et ponte de nombreux œufs à coquille molle ou sans coquille, caroncules congestionnées, gonflement de la peau sous les yeux ; toux, éternuements et signes nerveux, diarrhée, congestion des crêtes et/ou hémorragie au niveau des jarrets. Il se peut que l’on ne constate que quelques décès pendant plusieurs jours, suivis d’une flambée causant la mort de centaines, voire de milliers d’oiseaux par jour.
Les volailles peuvent être infectées avec des symptômes frustres ou l’absence de signes cliniques avec des souches faiblement pathogènes. Certaines espèces, notamment chez les oiseaux sauvages, sont plus résistantes que d’autres et les canards peuvent être infectés par des souches pathogènes en ne présentant que des signes cliniques très discrets.
Il est possible de diagnostiquer l’influenza aviaire d’après les signes cliniques et les circonstances qui ont mené à l’apparition de la maladie. Cependant, comme les signes cliniques de l’influenza aviaire ressemblent à ceux d’autres maladies, un diagnostic au laboratoire est essentiel.
Des tests à visée diagnostique permettent d’identifier le virus grippal sans pouvoir en préciser le
type. Bien que les signes cliniques et les lésions observées puissent suggérer une infection à virus influenza, le diagnostic doit toujours être confirmé par l’isolement et la caractérisation du virus. Tous les virus influenza hémagglutinent les globules rouges de volaille et la plupart se multiplient facilement dans la cavité allantoïde d’œufs embryonnés.
Les infections à virus influenza très pathogène sont classées parmi les maladies contagieuses à déclaration obligatoire. Tout virus influenza isolé doit être caractérisé tant du point de vue antigénique que de son pouvoir pathogène. L’isolement de virus très pathogène ou de virus appartenant aux sérotypes H5 et H7 doit être signalé aux instances vétérinaires nationales et internationales.

La prévention chez les animaux
Les mesures recommandées consistent dans un premier temps en une mise en quarantaine des foyers animaux touchés par le virus aviaire. Ensuite, il faut procéder à leur abattage, ainsi que celui des animaux potentiellement exposés au virus.
Afin d’éviter une contamination de ferme à ferme, il est nécessaire d’appliquer rigoureusement des procédures de décontamination du matériel utilisé.

CAT devant une déclaration d’un foyer
La déclaration d’un foyer consiste à éradiquer la maladie et à rétablir le statut exempt de la maladie dans le pays dès que possible. Cela est valable même si le virus H5 ou H7 isolé se révèle peu pathogène dans les épreuves de laboratoire. Dans un effort visant à éradiquer le virus hautement pathogène, le recours à la politique de l’abattage total sera de mise, ce qui comprendrait la destruction sans cruauté de tous les animaux infectés et exposés, la surveillance et le suivi des animaux potentiellement infectés ou exposés, la quarantaine et le contrôle stricts des déplacements des animaux, la décontamination minutieuse des lieux infectés et la répartition en zones afin de définir les infectées et exemptes de maladie.

Grippe aviaire chez l’homme
Dans quelques cas répertoriés par l’Organisation Mondiale de la Santé, le virus de la grippe aviaire de type H5N1 peut se transmettre de l’animal à l’homme. Pour la plupart des cas humains décrits en Asie, la contamination avait pour origine des contacts avec des animaux malades ou morts, ou avec leurs déjections. Cependant, la possibilité d’une contamination interhumaine consécutive à des contacts étroits et répétés au sein de groupes familiaux a été évoquée lors d’une quinzaine d’épisodes en Thaïlande, au Vietnam au Cambodge et en Indonésie. Toutefois, cette possible transmission interhumaine est restée limitée et n’a pas donné lieu jusqu’à présent à une transmission communautaire secondaire.
(Source : Organisation internationale des épizooties : Institut de veille sanitaire)
Le risque de survenue éventuelle d’une pandémie grippale chez l’homme est lié à l’augmentation de la circulation du virus aviaire H5N1 rendant plus probable l’émergence d’un nouveau virus grippal "humanisé".

Modes de transmission
La contamination est principalement aérienne et se fait lors de contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés, par voie directe ou indirecte (surfaces et/ou mains souillées par les déjections). Dans les pays touchés, aucune personne n’a été infectée sans avoir été en contact étroit avec des oiseaux malades. La consommation de viandes de volaille seule, sans un contact avec des oiseaux malades, n’a jamais été associée à une contamination de l’homme.

Population exposée
Les personnes les plus exposées au risque d’infection par le virus aviaire sont celles qui travaillent ou interviennent dans une zone contaminée, tel le cas des éleveurs et leur famille quand elles résident à proximité des élevages, des techniciens et vétérinaires, des équipes de dépeuplement de nettoyage et de désinfection et le personnel technique des laboratoires de diagnostic et de recherche.
(Sources : AFSSA)

Symptômes décrits par l’OMS (sur les cas humains signalés en Asie)
Après une durée d’incubation pouvant aller jusqu’à sept jours selon l’OMS, les signes cliniques les plus fréquemment décrits sont une fièvre à 39 °C ou plus, des maux de tête, des courbatures, une asthénie, une toux sèche et une gêne respiratoire.
Comme toute grippe, des complications peuvent apparaître à type de pneumonies virales ou par surinfection bactérienne, voir de septicémies de pronostic généralement sombre.

Diagnostic positif
Bien que les signes cliniques et les lésions observées puissent suggérer une infection à virus influenza, le diagnostic doit toujours être confirmé par l’isolement et la caractérisation du virus.

Isolement viral
Les virus influenza sont isolés par inoculation, dans la cavité allantoïde d’œufs EOPS embryonnés âgés de 9 à 11 jours, de différents prélèvements tels que fèces, crachats et sang prélevés chez les personnes suspectes. Il est important que tous les échantillons prélevés soient immédiatement placés en milieu tamponné à pH 7.0-7.4 car les virus influenza sont particulièrement sensibles et rapidement inactivés à pH acide.
Bien que l’inoculation dans la cavité allantoïde permette en général d’isoler facilement tout virus influenza, certaines souches se cultivent mieux dans le liquide amniotique, leur présence étant alors détectée dès la première inoculation alors que des passages en série sont nécessaires lors d’inoculation dans l’allantoïde.
Les œufs inoculés sont incubés pendant 7 jours maximum puis tués. Le liquide allantoïde des œufs morts ou tués est ensuite testé en présence de globules rouges à 1 % selon la technique décrite par Allan et Gough afin de rechercher la présence d’hémagglutinine. En cas de réaction positive, il est nécessaire d’identifier l’agent hémagglutinant car l’hémagglutination peut résulter de la présence de bactéries ou de virus (Orthomyxovirus et Paramyxovirus). La distinction entre Orthomyxovirus et Paramyxovirus est basée sur l’utilisation des tests suivants :
Microscopie électronique
La technique de coloration négative permet de différencier les Orthomyxovirus des Paramyxovirus, après lyse éventuelle des particules virales par le désoxycholate de soude à 0,5 %. En effet, la nucléocapside est toujours visible dans les préparations de Paramyxovirus alors qu’elle est généralement absente dans les préparations d’Orthomyxovirus.
Tests d’hémolyse
Les virus influenza ne provoquent l’hémolyse des globules rouges qu’à des pH inférieurs à 6.0 alors que les Paramyxovirus exercent cette activité à pH 7.0-7.2.
Double diffusion en milieu gélosé
Tous les virus influenza aviaires appartiennent au sous-type A, ils possèdent tous la même nucléocapside. La présence de l’antigène de type A peut être mise en évidence par réaction de précipitation en milieu gélosé avec un sérum antinucléocapside de référence selon la méthode de Beard.
Immunofluorescence
La technique d’immunofluorescence peut être appliquée à la mise en évidence d’antigène viral directement sur des frottis d’organes ou sur les cellules du liquide allantoïde d’œufs infectés.
RT-PCR
La présence de virus influenza peut être confirmée par RT-PCR en utilisant des amorces spécifiques de la région conservée de la nucléoprotéine. La même technique permet l’identification de virus de types H5 ou H7 si l’on utilise des amorces spécifiques des régions conservées des gènes H5 et H7.
Typage des virus isolés
Le typage précis des virus isolés requiert l’utilisation d’antisérums spécifiques des différents sous-types H et N dans des tests d’inhibition de l’hémagglutination et de double diffusion en milieu gélosé. L’utilisation d’antisérums H5 ou H7 dans des tests d’inhibition de l’hémagglutination permet une identification rapide des sous-types potentiellement pathogènes.

Évaluation du pouvoir pathogène des virus isolés
Le pouvoir pathogène de tout virus influenza isolé doit nécessairement être évalué soit par des tests "in vivo" soit par des tests "in vitro".
• Tests in vivo :
L’index de pathogénicité par voie intraveineuse (IPIV) décrit pour le virus de la maladie de Newcastle par Allan et al. a été utilisé par de nombreux auteurs pour mesurer la pathogénicité des virus influenza. Tout virus dont l’IPIV est égal ou supérieur à 1.2 est considéré comme très pathogène.
• Test in vitro :
La pathogénicité des virus influenza est directement corrélée au clivage de leur glycoprotéine H par des protéases cellulaires. L’hémagglutinine des souches pathogènes est clivée par une protéase présente dans tous les types cellulaires alors que celle des souches non pathogènes ne l’est que par des protéases présentes dans les seules cellules épithéliales. Il en résulte que les souches très pathogènes sont cytopathogènes “in vitro” pour tous les types cellulaires y compris les cellules non différenciées telles les fibroblastes alors que les souches non pathogènes ne sont cytopathogènes pour les cellules fibroblastiques qu’en présence de trypsine ou d’autres protéases comparables. Un test de formation de plages de lyse en présence et en absence de trypsine permet un typage rapide des souches sur culture de fibroblastes d’embryon de poulet.
Le séquençage du site de clivage de l’hémagglutinine virale après transcription inverse et amplification par la technique PCR est une alternative d’avenir car elle permet de déterminer rapidement la pathogénicité des virus isolés.

Diagnostic sérologique
Différents tests sérologiques comme la double diffusion en milieu gélosé et l’Elisa destinés à mettre en évidence la présence d’anticorps dirigés contre la ribonucléoprotéine virale sont utilisés principalement dans le but de procéder à des enquêtes épizootiologiques ou pour garantir les échanges commerciaux internationaux de volailles ou de leurs produits. Des tests d’inhibition de l’hémagglutination peuvent également être appliqués pour rechercher la présence d’anticorps des sous-types H5 et H7.

Traitement
La souche virale actuelle, de type H5N1 qui est peu transmissible à l’homme, n’entre pas dans la composition du vaccin antigrippale disponible pour la saison hivernale 2005-2006. Le vaccin saisonnier actuel ne protège donc pas contre le virus aviaire H5N1 observé. À l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin humain contre la grippe aviaire A (H5N1).
L’utilisation d’antiviraux au cours d’épidémie de grippe aviaire a été étudiée lors de l’épidémie néerlandaise du type A/H7N7 de 2003. Depuis, trois médicaments antiviraux sont disponibles pour le traitement préventif et curatif de la grippe : l’amantadine et deux inhibiteurs de la neuraminidase, le zanamivir sous forme inhalée et l’oseltamivir par voie orale. Aucun essai comparatif randomisé n’a évalué l’efficacité de ces antiviraux en termes de décès ou de complication de la grippe. Sinon, chez environ 2 500 sujets sains qui ont participé à presque 20 essais comparatifs, l’amantadine a fait réduire la fréquence des épisodes symptomatiques d’allure grippale de 7 % (26,3 % vs 33,1 % pour le placebo). Sous inhibiteurs de la neuraminidase, seule une réduction des épisodes de grippe confirmés par sérologie a été démontrée (0,4 à 2,5 % vs 4,4 à 14,9 % sous placebo). En outre, les profils d’effets secondaires et d’interactions médicamenteuses des trois antiviraux sont distincts. Des troubles neuropsychiatriques sérieux sont imputés à la prise de l’amantadine, de graves épisodes de brochospasmes au zanamavir, contre de rares réactions cutanées parfois graves sous oseltamivir. De plus, certains cas de résistances sont décrits in vitro dont les conséquences cliniques et épidémiologiques demeurent incertaines.
De ce fait, l’effet préventif de ces antiviraux semblait au mieux modeste. Seul l’oseltamivir (Tamiflu®) est proposé, en terme de meilleur bénéfice risque et d’aisance d’emploi, en post-exposition comme traitement symptomatique permettant d’atténuer les symptômes et les complications de la maladie. Cependant, il n’est efficace que s’il est administré dans les 48 heures après le début des symptômes.
En revanche, les antibiotiques ne sont utilisés qu’en cas de surinfection bactérienne.
Grippe aviaire et consommation alimentaire
Selon l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), le risque de contamination de l’homme par ingestion de viandes infectées est considéré comme faible voire négligeable : d’une part, l’infectiosité des virus influenza est détruite très rapidement à des températures supérieures à 60 °C (pendant 5 minutes à 60 °C, 1 minute à 100 °C). D’autre part, dans l’hypothèse d’une ingestion de viande de volaille ou d’œuf contaminés et crus, le virus serait détruit par l’acidité du liquide gastrique.
Comme tous les virus, le virus influenza aviaire survit à la congélation. C’est même une façon de conserver les souches en laboratoire.
En ce qui concerne les produits d’origine avicole et les volailles issus des pays atteints d’influenza aviaire sont interdits d’importation.

La prévention chez les hommes
Sur le plan humain, des mesures de précaution individuelles sont recommandées pour les personnes exposées à des volailles infectées. De même, pour les voyageurs se rendant dans des zones où il existe des foyers animaux, il convient de respecter certaines précautions. Ainsi, les autorités sanitaires recommandent d’éviter tout contact avec les volatiles et les porcs vivants ou leurs cadavres, y compris sur les marchés.
Également, il est recommandé d’éviter tout contact avec une surface apparaissant souillée par des fientes de volailles ou des déjections d’animaux. En outre, Il a été interdit toute importation de volatiles vivants de ces pays contaminés, en particulier les oiseaux d’ornement.
D’autre part, l’AFSSA recommande de ne pas consommer de volaille ou de produits à base d’œufs insuffisamment cuits.
D’autres recommandations s’inscrivant dans le cadre des conseils généraux d’hygiène doivent être respectées, en particulier d’éviter de consommer des produits alimentaires crus ou peu cuits, se laver les mains fréquemment à l’eau et au savon ou avec un soluté hydro-alcoolique.
Pour les professionnels exposés, des mesures de protection et d’hygiène individuelle, visant à éviter tout risque de transmission du virus Influenza aviaire à l’homme dans l’exploitation affectée (outre les recommandations émises par les services vétérinaires comme la mise en place de pédiluve à la sortie des bâtiments contaminés, le port de combinaison et de masques de protection…), notamment le lavage fréquent des mains à l’eau et au savon puis rinçage à l’eau, surtout dès la sortie des exploitations, et le lavage puis la désinfection des bottes à la sortie des exploitations. D’autres mesures de protection individuelle, visant à prévenir l’infection par le virus Influenza aviaire chez l’homme sont préconisées tel un traitement prophylactique antiviral donné sur prescription médicale aux populations les plus exposées dans l’exploitation affectée par l’Influenza aviaire. En outre, des mesures de protection collective, visant à limiter le risque de réassortiment génétique, c’est le cas d’une vaccination contre le virus de la grippe humaine (vaccin inactivé de la saison en cours) des populations les plus exposées serait décidé par les autorités sanitaires.

Recommandations des organismes internationaux
L’OMS a suggéré aux nations de faire suffisamment de stocks d’antiviraux pour pouvoir traiter au moins 25 % de leur population et incite médecins et infirmières à mieux se laver les mains, afin de limiter la propagation du virus de la grippe aviaire au cas où une pandémie se déclencherait. Cette recommandation entre dans le cadre d’une campagne contre les infections nosocomiales.
Le coordinateur des agences des Nations unies concernées par l’épizootie, a déclaré le 24 octobre 2005 que l’on peut réduire le risque en luttant de manière systématique contre chaque foyer épizootique, par abattage et mise en quarantaine et en protégeant les volailles domestiques par vaccination.

Dernières Articles en ligne

 

.:. Haut de la page

 

(c) Repère médical n° 1

 

 

 

Ajouter une annonce  |  Abonnement  |  Depêches  |  Contactez-nous

 
  ©2009 Repère médical   | Conception : ADK Media | Partenaire : Mode femme