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Histoire de la vaccination « Une bataille acharnée de l’homme contre ses prédateurs… »
Au cours des siècles passés, aux effets des famines et des guerres, les épidémies venaient ajouter leur cortège de souffrance et de mort et elles ont de tout temps été redoutées et combattues. Elles étaient souvent attribuées à un châtiment divin et leurs origines restaient mystérieuses.
Déjà au XVIe siècle, Fracastore, un médecin de Vérone qui s’intéressait à la syphilis et à la peste, écrivait :" la contagion se fait par des particules qui ne tombent pas sous le sens ".
Certaines maladies sont contagieuses, c’est-à-dire qu’elles peuvent être contractées au contact d’un sujet malade par la transmission de l’agent infectieux. Le fait qu’une première atteinte par l’une de ces maladies protège les patients contre une seconde attaque est une idée un peu vague, à contour philosophique ou même magique : le danger surmonté apporte la sécurité, comme une épreuve qui a été dépassée.
Il apparut rapidement aux premiers hommes que les maladies ne frappaient qu’une fois : si la première atteinte était bien surmontée, il n’y avait plus de risque de la contracter à nouveau. Cependant le phénomène restait plein d’incertitude, puisque l’on observe des récidives, comme le rhume et la grippe.
L’homme est la seule espèce qui n’ait pas de prédateur si ce n’est les microorganismes pathogènes qui le guettent et surtout les virus. Parmi les modalités de lutte, la vaccination est incontestablement au côté de l’eau potable, le moyen ayant un effet principal sur la réduction de la mortalité et donc la croissance des populations.
La vaccination comme une inoculation délibérée d’un agent pathogène (atténué ou mort) ou d’un de ses constituants antigénique dans l’organisme humain afin de l’immuniser possède une longue histoire… En effet, elle semble avoir commencé des siècles avant notre ère mais son véritable essor a débuté avec les travaux d’Édouard Jenner.****
Ère préjennérienne
L’un des ancêtres de la vaccination telle que connue de nos jours, est la « variolation » qui est une tentative d’immunisation contre la petite vérole par contact avec le pus de pustules, les croûtes, les puces du bétail atteint de la forme bovine « cow-pox ». Des traces de ces techniques ont été retrouvées dans des textes chinois datant du Xe siècle, dans des textes religieux indous (d’authenticité douteuse) du XVIe siècle et surtout dans un texte médical chinois du XVIIe siècle décrivant quatre techniques de variolation (The Golden Mirror of Medicine 1 742).
En définitive, bien que l’origine soit imprécise, elle semble être née d’abord en Asie centrale dès le début du deuxième millénium de notre ère. Puis cette pratique s’est propagée lentement mais sûrement vers l’Asie centrale (Turquie) puis en Europe : Lady Mary Wortley Montagu (épouse de l’ambassadeur de la reine d’angleterre) en 1 721 à son retour de Constantinople où elle avait observé les musulmans utiliser la technique de « variolation ».
L’ère nouvelle
Deux noms s’illustrent comme étant les pionniers de la vaccination moderne ; Édouard Jenner et Louis Pasteur. Ainsi, les premiers travaux et observations scientifiques reviennent à Jenner qui fut le premier à décrire le principe de l’immunisation contre la variole dans son traité Variolae Vaccinae en 1 798. Quatre-vingt-sept ans se sont écoulés entre le traité de Jenner et la première vaccination humaine antirabique de Pasteur en 1 885.
De nouveaux concepts apparurent. Le concept d’atténuation introduit et développé par Pasteur sur les souches de choléra de poulet et de l’anthrax vers la fin des années 1 870. Le concept de revaccination et de consolidation de l’immunité se développa par les travaux d’Édouard Ballard sur la lymphe de bovins atteints de vérole bovine « cow-pox ».
La vaccination de Joseph Meister contre la rage en 1 885 signa l’acte de naissance de la vaccination humaine malgré la grande vague de scepticisme engendrée à l’époque au sain de la communauté scientifique. Nous ne manquerons pas de signaler l’apparition du concept de « vaccin tué » de l’autre rive de la Méditerranée inauguré par les travaux de Daniel Elmer Salmon et Theobald Smith en 1 886 portants sur le « virus » du choléra tué par la chaleur immunisant les pigeons. Leurs travaux n’ont l’impact qu’ils ont actuellement que 15 ans après avec le développement des vaccins bactériens tués contre la fièvre typhoïde, la peste, et le choléra.
XXe siècle
Les concepts fondamentaux de la vaccinologie moderne furent établis à la fin du XIXe siècle et consolidés au fur et à mesure au début du 20e. Depuis, la vaccinologie ne cesse de relever les défis épidémiques qui ne cessent de menacer l’humanité.
L’évolution des principes de la vaccination
Comment l’immunité contre telle ou telle maladie se développe-t-elle ? Notre système immunitaire a de la mémoire : lorsqu’il est confronté pour la première fois à un agent pathogène, c’est-à-dire à un virus ou une bactérie, l’organisme réagit en spécialisant certaines cellules pour produire des anticorps spécifiques contre cet agent. Ces cellules « mémoires » seront stockées pendant des années dans notre corps, et réactivées rapidement au moindre contact avec le pathogène. En accélérant et renforçant des mécanismes de défense spécifiques. Ce qui permet à l’organisme d’éliminer rapidement l’intrus avant de développer la maladie.
En 2000 ans, les techniques ont quelque peu évolué, et les apports récents de la génétique et de la biologie moléculaire ont permis de combattre de nouvelles maladies. Il existe trois grandes familles de vaccins : les vaccins atténués, les vaccins inactivés, et ceux issus du génie génétique.
Les vaccins atténués
Les vaccins atténués sont fabriqués à partir de bactéries ou de virus vivants que l’on a fait muter pour qu’ils perdent leur caractère infectieux. Mais pas leur caractère antigénique, c’est-à-dire leur rôle de déclencheur de la production de cellules « mémoires ». L’organisme se constitue donc un stock d’anticorps dont il se servira efficacement quand il entrera en contact avec les bactéries ou les virus sauvages (naturels). Le vaccin oral contre la poliomyélite, par exemple, est obtenu par passage successif du virus en culture de cellules et chez des animaux. Ce qui induit des mutations, et donc l’atténuation. Après administration par simple voie orale, l’organisme développe les anticorps nécessaires à l’immunisation contre la maladie.
Les vaccins inactivés
Les vaccins inactivés, appelés aussi tués, fonctionnent sur le même principe. L’organisme reconnaît la bactérie ou le virus (entiers mais inactifs), et développe contre eux des anticorps. Ils sont préparés à partir de cultures microbiennes inactivées par divers procédés. Le vaccin contre la coqueluche consiste à préparer une suspension de germes entiers, inactivée par la chaleur et le formol. Reste à produire ces vaccins en grand nombre, donc à produire beaucoup de virus inactivés. Les scientifiques ont pour cela développé des « lignées cellulaires », faites de cellules provenant de divers animaux qui se divisent à l’infini. Chaque microbe ou virus se développe plus ou moins bien selon l’origine des lignées cellulaires. Le virus de la grippe se développe à merveille sur des lignées cellulaires provenant de fœtus de poulet.
Les vaccins issus du génie génétique
Les vaccins issus du génie génétique, eux, sont inactivés non plus physiquement, mais par voie génétique. En inactivant les gènes responsables de la virulence d’un germe, on crée un mutant non pathogène. Il suffit alors d’obtenir la multiplication du mutant, et l’on a de nouvelles souches, « immunogènes » mais inoffensives.
Une autre méthode consiste à n’utiliser non plus des germes entiers pour la vaccination, mais uniquement les molécules « antigéniques » de ces gènes. Il suffit de faire fabriquer par une levure, une bactérie ou une cellule animale, la portion du virus reconnue comme antigène par l’organisme à vacciner. Comment ? En « greffant » dans cette levure ou bactérie le gène codant pour l’antigène, c’est-à-dire pour la protéine virale déclenchant chez l’hôte la production d’anticorps. Le vaccin est donc fabriqué ici par d’autres organismes vivants. Les antigènes produits sont ensuite isolés par purification, et peuvent servir de base à des vaccins, appelés « moléculaires ». On le voit, on est bien loin des broyats de pustules de malades.
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