[ Liste des articles du n° 3 ]
Iniquité à l’accès aux soins
Le rapport du développement humain de 2005 comporte les données suivantes concernant le Maroc :
41,6 % des malades pauvres en milieu urbain et 60 % en milieu rural ne parviennent pas ou très difficilement à accéder aux prestations de soins.
- Les ruraux doivent parcourir en moyenne 21 km pour se rendre à un centre public et 31 km pour recevoir des soins privés.
- La moitié des populations urbaines peuvent se déplacer à pied à un centre de soins contre 14 % seulement pour les populations rurales.
— En moyenne, la dépense annuelle par ménage urbain en soins de santé est de 511 DH contre 189 DH par ménage rural.
- Les plus nécessiteux consacrent 2,4 % de leurs dépenses totales pour se soigner contre 5,8 % pour les moins démunis.
- La demande insatisfaite en santé est 2,4 fois plus élevée chez les malades les plus défavorisés qui représentent 55 % de la frange sociale contre 22,8 % pour les plus aisés.
- Les populations urbaines les plus riches bénéficient des hôpitaux publics sept fois plus que les plus nécessiteuses.
-" En milieu urbain, de tous ceux qui accèdent aux dispensaires, 8,5 % seulement sont pauvres contre 26 % pour les plus riches. "
- Ceux qui en ont les moyens (77,2 %) recourent aux prestations du secteur privé.
- Les ménages doivent encore supporter une charge financière directe de 54 %. Le financement collectif de la santé ne couvre, en effet, que 46 % des dépenses : 25 % couverts par le budget public, 16 % par l’assurance-maladie et 5 % par d’autres institutions. Ces données bien que négatives ne reflètent qu’une évaluation d’une partie du système de santé au Maroc à savoir la planification et la gestion. Il serait donc honnête de rappeler les performances de santé au Maroc depuis l’indépendance. L’espérance de vie est passée de 50 à 70 ans, L’indice de fécondité de 5 à 2,1, le taux de couverture de vaccination infantile quasi nul au départ a pu atteindre 95 % de couverture environ. La mortalité infantile (91 °/°° en 1 980 — 40 °/°° en 2 004) et maternelle (332/100 000 naissances vivantes en 1 990 — 227/100 000 naissances vivantes en 2 003) qui restent encore élevées ont connu une baisse significative. Les performances sont spectaculaires en densité médicale (en 1 960, on comptait 100 médecins au Maroc, actuellement on compte plus de 16 000) et en nombre de lits (1 lit pour 1 146 personnes) en nombre d’hôpitaux (125) et en nombre d’établissement de SSB (2 405). Une performance récente a droit de citation, il s’agit de l’installation de l’assurance-maladie obligatoire qui va sûrement participer à l’amélioration de l’accès aux soins. La situation sanitaire décrite dans le rapport du développement humain souligne fortement la disparité sanitaire connue entre le milieu rural et le milieu urbain et entre les riches et les pauvres. Le département de santé entreprend des actions pour remédier à cette situation en élaborant une planification des actions et des programmes de santé appropriée à l’état des lieux sanitaires des régions et en promotionnant une gestion efficiente basée sur la responsabilisation, le contrôle et la régularisation. Autrement dit les nouvelles politiques à savoir la régionalisation, les nouvelles gouvernances dans les hôpitaux, le redéploiement efficient des ressources humaines, la révision de la carte sanitaire devraient remédier à moyen terme aux principales inégalités décrites dans le rapport. Cette entreprise ne peut se concevoir par la seule action sur la gestion et la planification. Elle nécessite obligatoirement une amélioration progressive des ressources budgétaires en fonction des résultats positifs constatés. Ces ressources budgétaires devraient passer de 4,5 % du PIB pour atteindre un taux de 8 à 10 % du PIB en l’espace de dix ans.
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