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Médecine douce et médecine scientifique

Au début de XIXe siècle, la médecine est passée d’un mode de fonctionnement beaucoup plus « artistique » pour devenir au fil des temps une activité de plus en plus scientifique. Bien qu’actuellement plusieurs questions restent sans réponses dans le domaine médical, notamment biologique, clinique, pathologique et thérapeutique, il n’en demeure pas moins que plusieurs autres questions ont été résolues. Parmi ces derniers, on peut citer les pathologies infectieuses. Si on prend l’exemple de la fièvre typhoïde, on connaît le mode de transmission du bacille responsable de l’infection, la période d’incubation, le cheminement du virus au niveau de l’organisme, la compréhension des signes cliniques de la maladie et enfin les modalités du traitement. Cette connaissance n’est pas de même niveau dans d’autres pathologies en particulier chronique, c’est l’exemple de l’hypertension artérielle. On ne connaît pas son étiologie dans 95 % des cas, on ne connaît pas ses modalités d’installation et de transmission, la science est incapable d’établir une relation précise entre l’hypertension et d’autres pathologies comme le diabète, la toxémie gravidique. On ne dispose pas encore, à ce jour, d’un traitement curatif qui fait disparaître l’hypertension artérielle et qui empêche la survenue de ses complications.
Des dizaines de maladies sont sur le plan de la connaissance à un niveau similaire que celui de l’hypertension artérielle. On peut citer comme exemple le diabète, l’épilepsie, la migraine, les pathologies rhumatismales, les maladies dégénératives, etc. D’ailleurs pour ces pathologies, les traitements proposés sont palliatifs voire symptomatiques.
Dans ces pathologies, la médecine « scientifique » n’a pas permis de mettre en évidence des thérapeutiques curatives qui sont sorties avec de bons résultats en se soumettant à une méthodologie rigoureuse comprenant essentiellement des évaluations comparatives, randomisées avec des critères d’efficacité objectifs et des méthodes de calcul statistique adéquat et puissant. Les praticiens qui ne sont pas suffisamment imprégnés de cette méthodologie et les patients non avertis d’une culture scientifique sont amenés parfois à croire voire à adopter des thérapeutiques dites douces.
Il est vrai que l’effet placebo existe bel et bien, qu’il peut avoir un effet thérapeutique dans certaines situations mais cela ne survient que dans un pourcentage limité et dans tous les cas, beaucoup plus inférieur par rapport à une thérapeutique existante qui a démontré son efficacité par des méthodologies scientifiques rigoureuses précédemment citées.
Le pourcentage de l’efficacité de l’effet placebo peut varier selon les pathologies de 10 % à 50 % de réussite. Cela est d’ailleurs reconnu sur le plan scientifique. Cependant, l’effet placebo a des limites et il ne se manifeste pas à coup sûr dans les pathologies de grande gravité comme les processus néoplasiques et les pathologies dégénératives. Ainsi les remèdes parfois proposés dans les pathologies chroniques ou en dernier recours dans les pathologies graves ne sont pas d’une utilité et peuvent par contre même être nuisibles. C’est dans ce cadre que se placent les thérapeutiques douces ou parallèles. Nous ne les jugeons pas à priori mais nous leur demandons de se soumettre à des évaluations suivant une méthodologie reconnue universellement. Si on adopte cette règle, on peut facilement faire son choix qui est dans l’heure actuelle en faveur de la thérapeutique issue de la médecine scientifique.

Pr. Farid HAKKOU

 

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(c) Repère médical n° 11

 

 

 

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