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Définir la bioéthique ?
Comment définir la bioéthique ? Il n’est pas facile de donner une réponse convainquante sur tous les plans. On peut d’emblée dire que la bioéthique est la discipline qui étudie la morale dans le monde du vivant. Mais qu’est ce que la morale ? question philosophique !
La morale dans le domaine médicale et plus largement de la biologie est en relation avec le comportement. On peut alors dire que la bioéthique est la discipline qui oriente la recherche et la pratique médicale vers un comportement acceptable par l’individu et par la société. Qu’est ce qui peut être acceptable par l’individu et par la société ? Difficile de répondre. Car ce qui est acceptable est d’une part perçu différemment par chaque individu et par chaque société et d’autre part il est évolutif avec le temps. Mais on peut citer les grands principes qui sont souvent cités comme acceptables. Il s’agit du respect de la dignité humaine, de l’intégrité physique et morale, du principe du consentement, de l’équité, du droit à la santé, de la non discrimination raciale ou génétique. Forcément cette réflexion comporte des insuffisances et des critiques. Mais son intérêt est qu’elle rappelle la difficulté de définir la bioéthique. Mais pour donner au lecteur une vision sur ce que veut dire la bioéthique, il est présenté ci-dessous des exemples de définitions rapportées dans la littérature. Elles reflètent une certaine diversité mais aussi des points communs. Alors bonne lecture.
Définitions de Bioéthique
sur le Web :
La bioéthique est une partie de l’éthique. En tant que telle, elle est une recherche de normes morales applicables à la recherche biologique et à tout ce qui concerne les manipulations techniques du vivant. Le terme « éthique » provient de êthos qui signifie en grec « manière d’être ».
fr. wikipedia. org/wiki/Bioéthique
partie de la morale qui concerne la recherche sur le vivant et ses utilisations.
www.ifremer.fr/aquaculture/fr/glossaire.htm
Discipline abordant les implications éthiques de la recherche biologique et de ses applications.
www.biotech.ca/FN/glossary_fr. html
Elle cherche avant tout à répondre avec sagesse aux défis nouveaux, nés de l’extraordinaire entreprise de transformation humaine qu’est la biomédecine (développement autour des transplantations d’organes, technologies de reproduction, génétique et environnement). ...
www.avtes.ch/ethic/mem_01/mem_08.htm
Elle concerne les questions éthiques et sociétales posées par les innovations médicales qui impliquent une manipulation de vivant comme les expérimentations sur l’homme, les greffes d’organes et l’utilisation des parties du corps humain, la procréation médicalement assistée, les interventions sur le patrimoine génétique, etc.
membres. lycos. fr/clonamo/Lexique. htm
Bioéthique : terme savant et mystérieux à la fois. Construit à partir de deux mots grecs, bios et ethos, il parle de vie et de morale. La bioéthique, si l’on se fie à cette étymologie, serait donc la "morale de la vie". Ceci est un peu flou. Plus précisément, on entend par bioéthique :
"l’étude systématique de la conduite humaine dans le cadre des sciences de la vie et de la santé, examinée à la lumière des valeurs et des principes moraux".
- étude systématique : il s’agit d’une science
- de la conduite humaine : cette science étudie l’agir humain
- dans le cadre des sciences de la vie et de la santé : il s’agit de l’agir humain dans les sciences médicales et biologiques, des deux côtés de la barrière, du côté du producteur (le savant, le médecin) et du côté de l’utilisateur (tout le monde, car tout le monde est concerné par les progrès de la médecine, et aussi par ses dangers)
- à la lumière des valeurs et des principes moraux : il s’agit donc d’une morale, qui qualifie les actes humains en fonction des critères du bien et du mal, et tente de corriger ces actes dans le sens du bien moral, c’est-à-dire du bien de la personne
humaine.
Certains ont estimé que la bioéthique avait connu une extension de son champ d’application au cours des dernières années ; ces délégués ont argué que si à l’origine la bioéthique se référait aux questions éthiques soulevées dans le domaine de la médecine et des sciences de la vie, elle a peu à peu englobé les questions éthiques liées à l’environnement et à la biosphère puis, au cours des dix dernières années, elle a acquis une dimension sociale particulièrement forte, notamment dans les pays en développement.
Le terme bioéthique s’est vu attribuer, au cours des années, une multiplicité de significations. D’après Van Rensselaer Potter qui l’introduisit en 1970, il devrait désigner une science globale de la survie. Selon d’autres auteurs, la bioéthique serait, ou devrait être, une sorte de forum multidisciplinaire où l’apport de chacun resterait plus ou moins juxtaposé à la contribution des autres. Aucune de ces définitions ne correspond, en fait, à l’usage qui est communément fait aujourd’hui du terme.
Bien qu’elle soit sans doute trop étroite, à certains égards au moins, on pourra partir d’une définition du terme bioéthique, proposée par Gilbert Hottois, qui est mieux adaptée au contexte actuel. Selon cette définition, le terme désigne un ensemble de recherches, de discours et de pratiques, généralement pluridisciplinaires, ayant pour objet de clarifier ou de résoudre des questions à portée éthique suscitées par l’avancement et l’application des techno-sciences médicales.
Une définition :
Expert canadienne a préféré, en l’absence d’un consensus sur une définition de la bioéthique, se référer aux racines grecques du terme. Le premier élément, Bio, signifiant « vie » est un mot extrêmement lourd de sens puisqu’il n’existe toujours pas aujourd’hui de définition exacte de la vie, notamment à propos de son commencement chez l’homme. L’autre élément, éthique, signifie autant en grec qu’en latin tout ce « qui concerne les moeurs, la morale ». Il n’est pas besoin d’un long discours pour savoir que la morale est une notion extrêmement élastique. Il est donc nécessaire, en pratique, de trouver les paramètres qui permettent à l’homme de préserver son humanité avec toute la richesse qu’elle implique. Le concept du droit à la vie est très simple, mais il devient complexe dès qu’il faut déterminer à quel moment il débute.
En termes simples :
La bioéthique est un ensemble d’avis et de règles éthiques, qui ont pour tâche de différencier ce qu’il y a d’acceptable ou de monstrueux, dans l’application de certaines techniques médicales ou biologiques.
- Pour aboutir à ces règles, il faut concilier plusieurs paramètres parfois contradictoires. En particulier :
- Le respect et la protection de l’individu.
- Les objectifs de progrès médico-scientifiques.
- Les évolutions de la société.
- Les croyances.
En français le mot « éthique » est souvent choisi pour éviter celui de « morale »
jugé trop chrétien, trop Kantien ou simplement trop « moralisateur ». En somme, comme le dit le philosophe allemand Hans Jonas : « La bioéthique, nouvelle discipline, nous permet de réfléchir et par des entraves librement consenties, empêcher le pouvoir de l’homme de devenir une malédiction pour lui-même. »
* La bioéthique a pour objet la réflexion destinée à assurer le respect et la protection de l’individu face aux progrès des connaissance en sciences de la vie et leurs possibles applications (par exemple, l’euthanasie, le don d’organes, le clonage, la recherche sur l' embryon ….). Les lois de bioéthique sont les lois qui encadrent la recherche sur le vivant et ses utilisations
Comment définir la bioéthique ?
Trois interprétations du concept avec des portées différentes :
• Bioéthique étroitement conçue
Les problèmes moraux qui résultent des avances récentes en technologie (p. ex. la possibilité de sauver/prolonger la vie au début ou à la fin ; le génie génétique ; le clonage)
• Bioéthique comme éthique médicale
Cette définition, qui est la plus commune, ajoute à la première définition des questions comme l’avortement, euthanasie, la relation médecin-patient, ou l’allocation des ressources de santé.
• Bioéthique largement conçue
les problèmes moraux, sociales, et politiques qui se produisent à partir de la biologie et les sciences de la vie plus généralement et qui ont des conséquences, directes ou indirectes, pour le bien-être humain. (Routledge Encyclopedia of Philosophy, entrée sur ‘bioethics’)
Indépendamment de la définition qu’on choisit, une caractéristique clé de la bioéthique est sa nature critique.
De nos jours, on fait une distinction accrue entre morale et éthique. La morale est comprise comme les règles dont nous avons besoin pour vivre ensemble et pour travailler ensemble. Nous ne pouvons pas nous passer de ces règles qui nous aident à protéger la vie et les biens de chacun, à respecter les conventions, à régler la circulation, etc. À ce terme, on opposera celui d’éthique, qui désigne alors toute la gamme d’idéaux, de principes et de règles individuelles. La morale est ressentie par beaucoup comme un domaine suranné et étriqué (vieilli et fermé), tandis que l’éthique est considérée comme plus noble, parce qu’elle relève de la responsabilité et de la liberté individuelles. Du lot de règles publiques qui constituent la morale, on exclura autant que possible tout ce qui peut être transféré au domaine privé. L’homme moderne se ralliera volontiers au slogan : plus d’éthique, moins de morale.
Bioéthique :
La bioéthique étudie l’utilisation des nouvelles techniques bio-médicales appliquées à l’être vivant : procréation médicalement assistée, diagnostic prénatal, transplantation d’organes, manipulations génétiques, dans le but de concilier la recherche scientifique avec la protection de la personne humaine et de sa dignité. Elle interroge le statut du corps humain, la responsabilité des médecins et des scientifiques, l’ordre moral et religieux, l’avenir de ces nouvelles techniques et convoque le législateur sur la portée du droit à l’intégrité de la personne.
D’abord définir puis rechercher l’étymologie, mais faut-il vraiment commencer par définir ? La philosophie ne doit-elle pas plutôt aboutir à une définition ? Définir ce qu’est vraiment la chose en elle-même. La définition et l’étymologie rendent-elles compte de l’essence d’une chose ? Par exemple l’éthique est définie comme «une science de la morale», mais y a-t-il une science de la morale ? Qu’est-ce qu’une science ? La morale peut-elle en être une ? Certes il y a l’universalité de la loi morale qui répond aux exigences d’une connaissance rigoureuse. Si l’on reprend les préalables de Kant dans Critique de la raison pratique sur les conditions d’une action morale, le désintéressement, l’universalité, la primauté de l’intention et l’impératif catégorique, la médecine (comme science et comme pratique) peut-elle alors être morale ?
Si l’éthique est « l’ensemble des comportements» comme l’indique l’étymologie, il s’agit alors des mœurs de ce qui est à telle époque et en tel lieu, et non d’un idéal régulateur, jamais atteint certes, mais servant de principe et de modèle, de ce qui doit être. Dans l’étymologie, il faut choisir ce qui fait sens, par exemple «la juste place de toute chose». L’éthique met donc la personne en relation avec ce qui l’environne et exige un jugement de valeur, un choix. L’étymologie ayant une dimension historique, elle permet de chercher des origines, des enjeux et des conséquences, voire des remèdes. En l’occurrence, la bioéthique est née des progrès (ou des développements) de la médecine, et de l’expérience historique des camps nazis avec les expérimentations de la Seconde Guerre mondiale.
Bioéthique : Ensemble des préceptes moraux qui doivent présider à la recherche biologique et médicale et s’appliquant à l’être humain
Le terme bioéthique vient des États-Unis et a été introduit en 1970 par Potter. Il désignait initialement l’éthique du vivant, (étymologie) mais son sens s’est rapidement restreint à l’homme. Selon Potter, cité par P.-Y. Taguiefff, la bioéthique ne se réduit pas à une éthique de la biologie (de la recherche fondamentale aux applications) ni même à une éthique médicale. La réflexion bioéthique témoigne du fait culturel que l’idée de progrès est devenue problématique. Aux deux pôles constitutifs de l’éthique médicale (la relation médecin patient, les relations dans la progression) la bioéthique ajoute un troisième rôle : la société actuelle et future. Elle implique de véritables choix de société.
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