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Dextropropoxyphène associé au décès en France !

Le dextropropoxyphène est un opiacé apparenté à la méthadone. Très prescrit en tant qu’antalgique aussi bien en traumato-rhumatologie, en oto-rhino-laryngologie, qu’en post-chirurgie. Néanmoins, son accumulation en particulier en cas d’insuffisance rénale et chez les patients âgés, favorise une dépression respiratoire et perturbe la conduction cardiaque, avec bradycardie et troubles du rythme. Ainsi, en novembre 2006, le système néozélandais de pharmacovigilance a déclaré 16 décès liés au dextropropoxyphène en 2 ans, dont 10 cas étaient dans un contexte de suicide et 6 cas accidentels. Par conséquent, le risque d’intoxication mortelle a motivé le retrait du marché en Suède et en Suisse, voir même en Angleterre et au Pays de Galles, qui ont prévu également le retrait de l’AMM pour les associations dextropropoxyphène + paracétamol en fin 2007.
Cependant, seules des restrictions d’utilisation ont été décidées par l’Afssaps, malgré les données de l’étude réalisée par les Centres antipoison rapportant 7 décès en moyenne par an liés au dextropropoxyphène. Par ailleurs, l’agence française a lancé une étude en début 2007 qui a montré que les intoxications par le dextropropoxyphène semblaient plus graves que celles dues à la codéïne et moins grave que celles dues aux tramadol. Toutefois, la faiblesse méthodologique de cette étude a fait réclamer d’autres études complémentaires.
Quid du Maroc ? L’absence d’organisation de la pharmacovigilance et particulièrement l’absence de centralisation des effets indésirables conduisent à une incapacité d’évaluation de la tolérance des médicaments existants sur le marché national y compris les décès imputés à la dextropropoxyphène. Cependant, le principe de prudence recommande d’éviter d’exposer notre population à des risques inutiles. Au moins, il faut sensibiliser notre corps médical du risque lié à cette prescription, particulièrement chez le sujet âgé et l’insuffisant rénal, ainsi qu’au fait que l’association dextropropoxyphène + paracétamol n’a pas démontré une efficacité supérieure à du paracétamol seul. Interpellez à plus de vigilance et à une prescription qui se base sur un rapport bénéfice/risque favorable, en attendant les résultats d’enquêtes réalisés en France et pourquoi pas au Maroc !

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(c) Repère médical n° 10

 

 

 

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