[ Liste des articles du n° 9 ]


Les comités hospitaliers et gestion participative d’un établissement de soins : (cas de l’hôpital militaire d’instruction Mohammed V - Rabat)

L’hôpital est une grande entreprise à composantes multiples et hétérogènes.
De cette hétérogénéité découle la diversité des profils des différents acteurs de soins (cliniciens, chirurgiens, pharmaciens, biologistes, ingénieurs, administrateurs, etc.). Les comités sont des espaces de rencontre ou les différents opérateurs hospitaliers peuvent discuter et donner leur point de vue. Dans ce travail, nous avons pris l’exemple de l’hôpital militaire d’instruction Mohammed V de Rabat pour parler des différents comités qui s’y trouvent (comité de gestion, comité scientifique, comité local des médicaments, comité de lutte contre l’infection nosocomiale, comité d’éthique et d’expérimentation clinique, comités des vigilances, commission des marchés). L’organisation de chaque comité et ses attributions sont rappelées. Le rôle du pharmacien et l’activité de chaque comité durant l’année 2005 sont ensuite abordés.

L’hôpital est une grande entreprise à composantes multiples et hétérogènes. De cette hétérogénéité découle la diversité des profils des différents acteurs de soins (cliniciens, chirurgiens, pharmaciens, biologistes, ingénieurs, administrateurs, etc.).
La démarche d’accréditation des établissements de soin que connaient certains pays voisins tient compte de la présence des comités hospitaliers. C’est donc un marqueur de bonne qualité
L’hôpital militaire d’instruction Mohammed V, est un hôpital de référence à l’échelon africain et connu au niveau Européen par la qualité de ses prestations et ses respects aux normes de gestion hospitalière. Au cours de ce travail, nous allons répertorier les différents comités et groupe de travail en activité à l’hôpital militaire d’instruction Mohammed V, leur composition ainsi que leur domaine d’activité (1,2).

Comité de gestion de l’hôpital
L’hôpital est une grande entreprise, formée d’un certain nombre de services cliniques, de services techniques, de service pourvoyeurs (restauration, parc auto, hôtellerie, etc.), de services administratifs, etc. L’ensemble de ces services hospitaliers converge vers un seul objectif : la prise en charge du malade (3). Tous les moyens doivent être mis en œuvre pour atteindre ce but, en fixant des objectifs à long, moyen et court terme sous forme de projet d’établissement.
Le comité de gestion de l’hôpital militaire d’instruction Mohammed V est une instance consultative. Il donne un avis sur la démarche globale de l’établissement, l’activité, les orientations futures, l’évaluation de la qualité des soins, etc.
Le comité de gestion de l’hôpital se réunit une fois par an en présence des membres suivants :
• Le Médecin-chef, président,
• Le gestionnaire,
• Un médecin, représentant des services médicaux,
• Un médecin, représentant des services chirurgicaux,
• Le pharmacien en chef,
• Un biologiste, représentant des laboratoires,
• Un radiologue, représentant du service d’imagerie médicale,
• Un représentant de l’inspection du service de santé,
Le comité de gestion est un véritable conseil d’administration. Pour préparer l’année 2007, le comité s’est réuni en novembre 2006, pour discuter les orientations budgétaires.
Sur le plan pharmaceutique, les objectifs à atteindre sont les suivants :
• Introduire des nouveaux médicaments (notamment la chimiothérapie)
• Investir dans la coeliochirurgie
• Investir dans la cardiologie interventionnelle,
• Investir dans le domaine des analyses biologiques,
• Investir dans l’imagerie médicale (acquérir les produits pharmaceutiques pour le 2ème scanner)

Comité scientifique de l’établissement
Le comité scientifique de l’établissement peut être amené à donner son avis sur les orientations scientifiques de l’hôpital dans ses domaines d’activité (médicaments, dispositifs médicaux stériles, réactifs des laboratoires d’analyse médicale, etc.). Le comité scientifique de l’hôpital se réunit une fois par an pour étudier les différents projets à caractère scientifique (nouvelle activité, prévisions d’acquisition de matériel technique, etc.). Le comité scientifique peut donner un avis sur les protocoles de soin, donner un avis sur les objectifs en matière de qualité, etc. Le comité scientifique se réunit souvent pour étudier les propositions de la commission de gestion (4, 5, 6).
Le comité scientifique est formé des membres suivants :
• Le Médecin chef, président,
• Le Pharmacien en chef, membre de droit,
• Le Médecin chef de service demandeur de l’essai clinique,
• Le Biologiste, chef des laboratoires de biologie médicale,
• Un Médecin, représentant des services médicaux,
• Un Chirurgien, représentant des services chirurgicaux,
• Le Correspondant d’hygiène,
• Un Médecin, représentant des services de réanimation et soins intensifs,
• Le Gestionnaire de l’hôpital.

Durant l’année 2006, le comité scientifique de l’hôpital a étudié les orientations budgétaires 2 006 et le plan d’urgence de l’hôpital, lequel se divise en deux volets, le plan rouge et le plan blanc. Le plan rouge s’intègre dans une stratégie opérationnelle des forces. Le plan blanc représente l’organisation de l’hôpital face à une situation sanitaire critique.

Comité local des médicaments
C’est l’instance de conseil du médecin directeur de l’établissement, en matière de politique du médicament de l’hôpital. Ce comité est composé des membres suivants :
• Le Médecin chef, président,
• Le Pharmacien chef, vice président,
• Un Biologiste, représentant des laboratoires de biologie médicale,
• Le Médecin, représentant des services médicaux,
• Un Chirurgien, représentant des services chirurgicaux,
• Un Médecin urgentiste, représentant des services des urgences, réanimation et soins intensifs.
• Le Radiologue, représentant du service d’imagerie médicale.
Le pharmacien hospitalier, chef de service est le noyau dur du comité, son rôle peut être résumé à la gestion de tous les problèmes liés à la prescription, à la dispensation et à l’administration des médicaments et des dispositifs médicaux stériles. Il doit proposer toute solution utile et éclairer la commission par des propositions claires et simples pour la promotion du bon usage du médicament. Il doit concourir à la pharmaco-économie, en faisant des études de prescription et de dépenses des produits coûteux, concourir à la pharmacovigilance en se tenant en liaison permanente avec les services cliniques.
Durant l’exercice 2005, le comité des médicaments de l’hôpital militaire d’instruction Mohammed V a examiné la possibilité d’introduire les produits suivants (voir Tableau I).

Comité de lutte contre les infections nosocomiales
Le comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) a pour objet : la prévention et la surveillance des infections nosocomiales au sein de l’hôpital. Le pharmacien hospitalier a un rôle important à jouer dans la lutte contre les infections nosocomiales. Le pharmacien hospitalier peut intervenir au niveau de l’hygiène et la stérilisation, la surveillance de l’utilisation des antibiotiques, du profil de résistance des souches à l’aide de l’antibiogramme, en collaboration avec le bactériologiste de l’établissement. L’action du pharmacien hospitalier peu s’étendre aux protocoles de soin et du bon usage des antiseptiques et des dispositifs médicaux stériles (9).
La lutte contre l’infection nosocomiale concerne plusieurs intervenants hospitaliers :

• Médecin-chef, président
• Biologiste, chef des laboratoires de biologie médicale
• Pharmacien hospitalier, chef de service
• Pharmacien, chef de service de stérilisation
• Médecin, représentant des services médicaux
• Chirurgien, représentant des services chirurgicaux
• Correspondant d’hygiène de l’hôpital
• Médecin, représentant des services de réanimation et soins intensifs
• Gestionnaire de l’hôpital

Durant l’exercice 2006, le CLIN s’est réuni 8 fois. Les actions suivantes ont été réalisées :
- Sécurité des prélèvements aux laboratoires de biologie médicale de l’Hôpital militaire Mohammed V de Rabat (Réorganisation des salles de prélèvement, approvisionnement en dispositifs de collecte des aiguilles)
- Enquête sur les accidents d’exposition au sang,
- Mise en œuvre de la trousse de chimioprophylaxie des accidents exposants au sang,
- Élaboration des procédures de soins en réanimation,
- Élaboration des procédures de lavage antiseptique des mains,
- Critères de choix des distributeurs de savon pour l’année 2004,
- Critères de choix du savon antiseptique,
- Définition du besoin en blouse de soins en réanimation,

Comité d’éthique et expérimentation clinique
Cette commission joue un rôle important dans les essais cliniques. Le comité d’éthique et d’expérimentation clinique (CEEC) de l’hôpital militaire Mohammed V est composé des membres suivants :
• Médecin chef, président,
• Pharmacien en chef, membre de droit,
• Médecin chef de service demandeur de l’essai clinique,
• Biologiste, chef des laboratoires de biologie médicale,
• Médecin, représentant des services médicaux,
• Chirurgien, représentant des services chirurgicaux,
• Correspondant d’hygiène,
• Médecin, représentant des services de réanimation et soins intensifs,
• Gestionnaire de l’hôpital,

L’apport du comité est important en matière d’essai clinique. IL donne un avis sur la pertinence des essais cliniques, il veille au respect des règles de l’éthique. Il assure le suivi des procédures de gestion des médicaments (commande, stockage et dispensation) et des malades inclus dans l’essai (10,11).
Au cours de l’exercice 2006, le comité d’éthique et d’expérimentation clinique a examiné Quatre projets d’essai clinique. Le premier concerne un produit médicamenteux en phase 3 ayant un intérêt présumé dans la maladie de parkinson, le deuxième également en phase 3 concerne le traitement du psoriasis au sein de la dermatologie. Le troisième essai s’intéresse au traitement de l’ostéoporose par un dérivé récent des biphosphonates, le dernier essai traite de l’intérêt d’un dérivé de l’amiodarone dans le traitement des arythmies. Les quatre essais cliniques sont multicentriques, randomisés et en double aveugle. Ces essais ont reçu l’avis favorable du comité d’éthique et d’expérimentation clinique.

Comité des vigilances
Pharmacovigilance
C’est le suivi des effets indésirables liés à l’emploi des médicaments, dans les conditions normales d’utilisation (après mise sur le marché du médicament) (12).
La pharmacovigilance s’organise en mode centralisé et décentralisé.
À l’hôpital, la pharmacovigilance fonctionne de deux façons :
- En mode ascendant : quand le prescripteur observe un effet indésirable, lié à l’utilisation d’un médicament, il notifie son observation sur la fiche de pharmacovigilance et l’adresse au service de pharmacie. Une copie de la fiche est ensuite adressée à l’inspection du service de santé pour information.
- En mode descendant : quand il y a un événement indésirable qui a été déclaré par une autorité sanitaire (OMS, agence Européenne du médicament) ou le laboratoire exploitant (cas du VIOXX comprimé par exemple). Une alerte est déclenchée par le comité pour informer le pharmacien hospitalier et les prescripteurs pour mettre en quarantaine le produit, objet de l’alerte.

Materiovigilance
C’est le suivi des incidents liés à l’emploi des dispositifs médicaux (13)
À l’échelon de l’hôpital, le pharmacien est correspondant de matériovigilance et participe à la matériovigilance aussi bien ascendante que descendante. Le signalement des incidents et risque d’incidents des dispositifs médicaux se fait sur la fiche de matériovigilance.

Commission des marchés
L’apport de la commission est d’ordre technique (14). Il participe à la rédaction des cahiers des charges, organise l’analyse technique des échantillons et documentations des appels d’offres. Il donne un avis technique au cours de la commission de réception. La commission des marchés est composée comme suit :
•Le médecin-chef, président et ordonnateur
• Le gestionnaire de l’hôpital
• Le pharmacien hospitalier
• Le chef du service des approvisionnements
• Un représentant du centre régional d’engagement et de dépense
• Un représentant du trésorier-payeur général
Cette commission se réunit à l’occasion de chaque appel d’offres, pour la désignation de la sous-commission d’analyse technique des offres. Elle se réunit aussi pour analyser l’offre financière des différents concurrents.

La gestion d’une structure telle que l’Hôpital militaire d’instruction Mohammed V, nécessite une qualification du personnel qui permet de suivre l’évolution des techniques de soins. Les comités hospitaliers sont des espaces de rencontre et de dialogue et d’échange de compétence. Ils représentent même l’un des critères d’évaluation de la qualité d’une structure de soins. Cependant, si l’existence des comités est nécessaire, elle n’est pas suffisante, car le plus important est l’activité et l’efficacité de ces instances. Un intérêt particulier doit être donné au profil des membres choisis

BIBLIOGRAPHIE.
1.Sauvageon A et coll. Les responsabilités du pharmacien hospitalier. Le pharmacien hôpital 2001, 45, 28-29.
2.Boiteux A et coll. Des normes pour l’exercice de la pharmacie hospitalière. Le pharmacien hôpital 2001, 46, 22-25
3.Bouffioux C, les structures de gestion au CHU de liège. hospitals 2003, 3, 246, 15-20.
4.Bouthloup C et coll. Le rôle du contexte d’autonomie et des acteurs pivots dans le management des compétences et des connaissances. Revue de gestion hospitalière 2000, 4, 33-51.
5.Desmet C et coll. Identité hospitalière, culture de métiers, revue de gestion des ressources humaines 2001, 26, 3-14.
6.Marchand J et coll. Les obstacles à la modernisation hospitalière. 16ème congrès de l’association de gestion du personnel. Poitiers 23-24 novembre 2 001.
7.Dechelotte P et coll. Intérêt de la nutrition entérale. Vocation hôpital 2004, 2, 3-4.
8.Vidal 2 006. Monographies des spécialités pharmaceutiques
9.Darme X. Analyse pharmaceutique des prescriptions en recherche biomédicale. J Pharm clin 1994, 13, 280-288.
10.Lemaire F. Recherche avec bénéfice individuel direct ou bénéfice individuel de la recherche. Thérapie 2004, 59, 4, 379-383.
11.Guyot O. Vigilance et prescription. Le pharmacien au quotidien 1999, 15, 40-42
12. Dhanani A et coll. La pharmacovigilance européenne : aspects réglementaires. La presse médicale 2000, 29, 2, 107-110.
13.Delbosc A et coll. La vigilance à l’aube du XXIe siècle. La presse médicale 2000, 29, 19, 1066-1071.
14.Moysan. Droit budgétaire et comptabilité publique. Ecole d’application du service de santé des armées. Paris 1999, 122 pages.

 

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(c) Repère médical n° 9

 

 

 

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