[ Liste des articles du n° 9 ]
Souffrance dans la déontologie médicale nationale
L’image ou l’idée qu’on se fait d’un pays ne peut provenir que du comportement de ses citoyens. Un produit national brut élevé d’une nation en constante progression reflète la grandeur du labour que fourni chacun de ses individus. Un environnement propre peu ou pas pollué traduit le respect des règles écologiques de chaque individu. L’installation d’un climat social paisible d’une nation ne peut provenir que du grand sens civique de la communauté et des personnes qui la constituent. Partant de là, personne ne doit se laisser aller à critiquer les gouvernants, les sociétés civiles ou les communautés de notre pays sans se mettre d’abord en cause soit même et se poser la question à savoir qu’elle est sa propre responsabilité dans la situation qu’il critique ou qu’il sera appelé à critiquer. D’ailleurs un des grands présidents des états unis d’Amérique en occurrence John Fitzgerald Kennedy avait prononcé une grande phrase qui reste une référence dans ce débat « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez plutôt ce que vous, vous pouvez faire pour votre Pays ». Ce débat s’applique donc au pays mais aussi à ses composantes : appareils, départements, administrations, partis politiques, syndicats, sociétés civiles ou corps de métier.
La profession médicale, comme celle d’enseignant, n’échappe pas à cette logique, car elle-même, elle est appelée à donner l’exemple de droiture, de moralité de justesse, de responsabilité, de rigueur et d’éthique. La profession médicale a prévu des gardes fous symboliques. Il s’agit du serment d’Hippocrate qui énonce entre autre les comportements que chaque praticien doit respecter notamment envers ses malades et ses maîtres. La profession a aussi prévu des gardes fous pratiques par l’intermédiaire du conseil de l’ordre dont une de ses missions est de faire respecter des règles de l’éthique et de la déontologie. Mais que constatons-nous dans la profession médicale Marocaine ? Presque l’anarchie déontologique. On observe le racolage des patients, l’auto octroi de pseudo-spécialité par l’intermédiaire de pseudo-formation continue importée, l’inflation de prescriptions, d’examen paracliniques et d’interventions chirurgicales pour des intérêts vénaux et au détriment des patients. Chacun doit méditer et se mettre en cause devant cette situation dramatique de la profession sur le plan éthique car le sens moral nous fait défaut et il y a urgence et nécessité d’essayer de le récupérer. La déontologie médicale nationale est en souffrance.
Pr. Farid HAKKOU
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(c) Repère médical n° 9