[ Liste des articles du n° 8 ]
L’atropine collyre
L’atropine collyre est un antagoniste cholinergique muscarinique du sphincter irien, provoquant ainsi une mydriase, et du corps ciliaire ce qui est responsable d’une relaxation de l’accommodation. Cette molécule est utilisée par voie locale pour provoquer une cycloplégie pour réfraction, mais également pour obtenir certains effets anti-inflammatoires. Le médicament administré localement peut emprunter le canal lacrymal, atteindre la cavité nasale et y être résorbé et avoir un passage systémique sans effet de premier passage hépatique.
La mydriase, due à l’instillation de l’atropine, atteint son maximum après 30 à 40 minutes et se maintient pendant environ 12 jours. La cycloplégie atteint son maximum après plusieurs jours pendant environ 2 semaines.
L’atropine collyre est responsable d’une mydriase ce qui peut induire une fermeture de l’angle chez les patients ayant une chambre antérieure anormalement étroite et peut entraîner une crise de glaucome aiguë. L’atropine est contre-indiquée chez un patient en crise de glaucome aigu par fermeture de l’angle.
Du fait de la relaxation de l’accommodation qu’il entraîne et de la mydriase, l’atropine collyre peut être responsable de troubles de la vue et ceci pour une durée prolongée à cause de la longue durée d’action de la molécule. Après instillation, la conduite de véhicules et/ou l’utilisation de machines sont à déconseiller pendant toute la durée des troubles visuels.
Les collyres mydriatiques atropiniques peuvent avoir un passage systémique et donner lieu à des manifestations périphériques telles qu’une diminution des sécrétions et une tachycardie ou centrales comme l’agitation et les hallucinations visuelles. Il a été rapporté avec ces collyres, surtout chez le sujet âgé, des rétentions aiguës d’urine, de l’irritabilité avec confusion possible. L’atropine doit être utilisée avec prudence chez un sujet ayant des troubles prostatiques.
Débat :
Commentaire :
Il existe sur le marché plusieurs médicaments mydriatiques dont chacun présente des particularités concernant le délai, la durée d’action et d’autres propriétés et de ce fait être un traitement de choix dans une indication donnée.
L’atropine collyre s’est montrée efficace dans ses indications, d’ailleurs son service médical rendu est important. Cependant cette molécule est un mydriatique cycloplégique d’action prolongée et de ce fait peut causer une gêne visuelle de durée importante pour les utilisateurs avec le retentissement conséquent sur l’activité journalière et sur la conduite de véhicules. Aussi les effets indésirables systémiques de cette molécule sont plus importants par rapport à d’autres molécules, chose importante à prendre en considération dans certains cas particuliers, notamment celui du sujet âgé.
En pratique, les molécules mydriatiques entraînant peu ou pas de cycloplégie comme le tropicamide et la phénylephrine, sont indiqués dans le cas où seul l’effet mydriatique est recherché. Aussi les mydriatiques cycloplégiques ayant une durée d’action brève permettront une disparition de la gêne visuelle et la reprise des activités, normalement, dans un délai plus court. Le cyclopentolate est un mydriatique cycloplégique qui agit rapidement (quelques minutes) et possède une durée d’action plus courte que l’atropine (environ 1 jour).
Il faut noter aussi qu’il existe des situations où on préconise l’association de mydriatiques. Tout ceci explique la nécessité de mettre, sur la liste des médicaments remboursables, plusieurs mydriatiques dont chacun peut convenir le plus à une indication donnée.
Alternatives :
En plus de l’atropine collyre, la liste des médicaments remboursables doit comprendre des molécules mydriatiques ayant une action cycloplégique négligeable, telle que la phénylephrine et le tropicamide et des molécules parasympatholytiques qui ont une action cycloplégique importante et dont la durée d’action est moins prolongée en comparaison avec celle de l’atropine comme le cyclopentolate.
Avis sur le choix de l’AMO :
La liste des médicaments remboursables par l’AMO ne comprend qu’une seule molécule mydriatique, ce qui limite de choix du clinicien. Inclure dans la liste plusieurs molécules de propriétés différentes va répondre mieux à la demande des cliniciens et par conséquent aux besoins des malades.
L’atropine collyre s’est montrée efficace dans ses indications, d’ailleurs son service médical rendu est important. Cependant cette molécule est un mydriatique cycloplégique d’action prolongée et de ce fait peut causer une gêne visuelle de durée importante pour les utilisateurs avec le retentissement conséquent sur l’activité journalière et sur la conduite de véhicules. Aussi les effets indésirables systémiques de cette molécule sont plus importants par rapport à d’autres molécules, chose importante à prendre en considération dans certains cas particuliers, notamment celui du sujet âgé.
En pratique, les molécules mydriatiques entraînant peu ou pas de cycloplégie comme le tropicamide et la phénylephrine, sont indiqués dans le cas où seul l’effet mydriatique est recherché. Aussi les mydriatiques cycloplégiques ayant une durée d’action brève permettront une disparition de la gêne visuelle et la reprise des activités, normalement, dans un délai plus court. Le cyclopentolate est un mydriatique cycloplégique qui agit rapidement (quelques minutes) et possède une durée d’action plus courte que l’atropine (environ 1 jour).
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