[ Liste des articles du n° 8 ]
Don d’organe : problème qui nous concerne tous
Vie, mort, renaissance, générosité, solidarité, don de soi, don de l’autre. Autant de thèmes qui méritent réflexion et débat dans notre pays tant ils revêtent un caractère sacré et leur approche est enrichissante.
Le don d’organes et les discussions qu’il suscite, touchent de très près ces grandes questions et toutes leurs facettes.
Indispensable pour tous les traitements de choix d’affections irréversibles, le don d’organe n’est malheureusement pas encore entré dans nos mentalités.
Et si le don de sang (don de tissus) est devenu un acte faisable, le don d’organes, quant à lui, demeure un processus mal perçu et incompris, soulevant des idées qui font parti du domaine de l’irrationnel et de non-vérité.
Quelques faits importants en rapport avec le sujet sont les suivants :
- Chez nous au Maroc les accidents de la route constituent encore un fléau. En 2004 ils étaient responsables de 48 190 victimes, entre morts et blessés, contre 50 079 en 2003.
- Un sondage de l’association Rein réalisé entre janvier et février 2005, auprès d’un échantillon de 360 personnes représentatives des couches de la population urbaine marocaine. (Détails disponibles sur www.reins.ma) a révélé les chiffres suivants :
• un tiers de l’échantillon sondé confirme que les risques liés à la pratique, la technique non maîtrisée et le manque de compétence sont les freins majeurs aux exercices de transplantation.
• 19 % de l’échantillon croit que la transplantation ne se pratique pas du tout au Maroc, alors que 25 % continuent à croire que la transplantation est interdite par la religion musulmane. Pis encore.
*74 % avouent n’avoir jamais abordé ce sujet dans une discussion.
- Le ministère de la Santé a inscrit depuis 1998 comme priorité les prélèvements et les dons d’organes. Il a démarré en 1998 un programme destiné à fournir un cadre législatif, réglementaire et organisationnel aux exercices médicaux de prélèvement et de greffe. Depuis il a été établi un programme de collaboration avec des organismes et instances internationales.
Ces faits reflètent qu’il existe un réel potentiel de don d’organes qui peut provenir aussi bien à de personnes décédées de morts naturels que de personnes décédées par accident de la voie publique, qu’il existe un cadre législatif pour le don et les prélèvements. Mais l’handicap actuel apparaît, de manière relative, au niveau de la pénurie de donneurs tout en sachant que l’environnement technique n’est pas, non plus, tout à fait au point car les structures hospitalières compétentes se comptent sur les doigts d’une main et sont concentrées dans deux viles Casablanca et Rabat.
Il est temps que notre pays se penche plus agressivement sur cette question en préparant une stratégie avec des étapes à court, moyen et long terme. Au cours de ces étapes les actions seront distribuées de manière soigneusement dosée entre la promotion du don d’organe à l’échelle nationale et la préparation technique des structures hospitalières.
Dans tous les cas le don d’organes doit s’appuyer sur trois grands principes généraux qui sont :
1/ La gratuité du don, anonymat entre le donneur et le receveur, respect du corps humain, consentement du donneur, interdiction de toute publicité pour le don d’éléments du corps humain et sécurité sanitaire
2/ La notion du consentement présumé c’est-à-dire que toute personne est considérée consentante au don d’éléments de son corps après la mort, en vue de greffe, si elle n’a pas manifesté son opposition de son vivant.
3/ La veille au respect de l’intégrité physique du défunt ; les médecins sont tenus de s’assurer de la meilleure restauration possible du corps.
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