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Le froid tue à Anfgou

Depuis près de deux mois, une vague de froid exceptionnelle allant jusqu’à -16 °C s’abat sur le Maroc. Le petit village d’Anfgou, un douar de la province de Khénifra au milieu des montagnes du Haut Atlas oriental, à 1 600 mètres d’altitude, où vivent près de 1 500 villageois, représente une des zones les plus atteintes de ce froid. Le bilan des victimes est déjà lourd, le froid a fait près d’une trentaine de morts.
Cet endroit dénué de centre hospitalier et de moyen de communication a connu depuis la mi-décembre une vague de froid arrivant à -10 °C, qui a fait 27 victimes dont 25 enfants de 3 à 14 mois et deux jeunes mamans de 16 et 17 ans. Les symptômes étaient les mêmes pour tous : fièvre, toux, vomissements. Selon des sources médicales, ces décès sont dus à des syndromes grippaux aigus graves et des pneumopathies dues aux sévères conditions météorologiques.
Ces explications données par le ministère ne semblent pas convaincre les milieux associatifs dans la région et notamment la section de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme à Khénifra. Celle-ci demande l’ouverture d’une enquête sur les causes exactes du décès, voir réaliser des autopsies pour définir exactement l’origine de ce mal qui emporte essentiellement les enfants en bas âge.
Depuis le 29 décembre 2006, une commission centrale a été dépêchée dans plusieurs localités de la province de Khénifra pour analyser les besoins urgents de la population. Cette délégation comprend des représentants des ministères de l’Équipement et du Transport, de la Santé, de l’Intérieur, des Collectivités locales, ainsi qu’un représentant de la protection civile et une délégation provinciale, présidée par le gouverneur de la province de Khénifra.
L’enquête menée par les mêmes services renseigne sur la situation dramatique dans cette région : un seul infirmier pour 4 300 habitants et un centre de santé communal distant de 7 kilomètres. Le seul centre médicalisé avec 1 médecin et 4 infirmiers se trouve à 65 kilomètres.
Face aux mesures tardives prises par les responsables, la population locale et les associations expriment leur colère. Dans une déclaration à la presse, Mohamed Cheikh Biadillah avait affirmé que le caractère accidenté des reliefs de cette région, ainsi que les chutes de neige rendent difficile l’accès des équipes de secours. Le ministre de la Santé a d’ailleurs affirmé que, si la situation épidémiologique le nécessitait, un dispensaire serait construit dans cette région. Cependant, les villageois demandent à ce jour que les personnes malades soient évacuées de toute urgence vers l’hôpital provincial de Khénifra afin d’enrayer une éventuelle épidémie. Ils souhaiteraient aussi que le gouverneur de la province décrète un plan d’urgence, qui permettrait de mobiliser les moyens des administrations centrales.
C’est un drame que vivent les habitants d’Anfgou. On ne peut pas rester indifférent et encore moins proposer des solutions provisoires. Il y a urgence de mettre en place des solutions pérennes et en premier lieu le désenclavement de la région et la mise en place de structures qui peuvent répondre aux urgences locales et le cas échéant qui peuvent acheminer à temps et dans des conditions sécuritaires les victimes vers les centres les plus proches.

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(c) Repère médical n° 8

 

 

 

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