[ Liste des articles du n° 7 ]
Système de santé et qualité de vie
Un système de santé représente l’ensemble des organisations, des institutions et des ressources dont le but principal est d’améliorer la santé de la population.
Pour fonctionner, un système de santé a besoin de ressources humaines et financières, d’informations, de fournitures, de moyens de transport et de communication, et surtout d’une orientation globale. Il doit assurer des services répondant aux besoins et financièrement justes et toujours veiller à traiter les gens décemment.
Un système de santé mal organisé et disposant de ressources insuffisantes ne rend souvent pas service aux personnes qui en dépendent. Sans doute, un système de santé qui fonctionne bien améliore la qualité de vie de la population.
L’Organisation Mondiale de la Santé définie la qualité de vie comme « la perception qu’a un individu de sa place dans l’existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquelles il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes ». La qualité de vie appliquée à la santé ou "Health Related Quality of Life" des anglo-saxons prend en compte non pas toutes les dimensions de la qualité de vie en général mais celles qui peuvent être modifiées par la maladie ou son traitement. C’est ainsi défini, un concept extrêmement large et influencé de manière complexe, à la fois par la santé physique, par l’état psychologique, par le niveau d’indépendance, par les relations sociales et les relations avec l’environnement. Le point fondamental de cette définition est la notion de perception, c’est-à-dire que le point de vue de la personne est mis en avant. Ce point de vue peut s’envisager de façon très large ou de façon plus restreinte au champ de la santé. Ainsi, la qualité de vie s’intègre dans le modèle bio-psycho-social et représente une part de plus en plus importante au sein des fonctions, des structures, des activités et des perspectives d’un système sanitaire. Dans ce modèle bio-psycho-social, les problèmes de santé, qu’ils soient des maladies ou des traumatismes, deviennent donc un déterminant du fonctionnement et de la qualité liée à la santé qui, eux-mêmes, interviennent sur les caractéristiques de la maladie.
Les Moyens d’amélioration de la qualité de vie par le système sanitaire
Plusieurs facteurs participent à l’amélioration de la qualité de vie. La majorité d’entre eux sont liés à la politique de santé du pays et ils dépendent aussi dans une certaine mesure du comportement de l’individu. Citons quelques facteurs.
La couverture sociale
L’existence d’un système d’assurance-maladie participe activement à la qualité de vie des individus. Cependant son instauration n’est pas toujours envisageable dans les pays du sud pour des raisons évidentes de manque de financement, de difficulté d’organisation et de l’insuffisance des structures de santé.
Au Maroc le système de santé a connu cette dernière année une véritable réforme qui se base en partie sur la Sécurité Sociale. Le taux de couverture de la population est passé d’un taux de 15 à environ 30 %. Il est encore trop tôt de porter un jugement sur cet élargissement. L’agence qui gère l’assurance-maladie est placée sous la tutelle de l’État, elle est chargée d’assurer et de faire respecter la solidarité entre les assurés sans distinction d’âge, de revenu ou d’état de santé. L’assurance-maladie couvre les risques liés à certaines maladies limitées car inscrite dans un panier de soin établi par l’état, Ainsi, elle participe à l’amélioration à la qualité de vie de la population.
La maîtrise des maladies infectieuses
Malgré le développement de la médecine, de nombreuses maladies infectieuses et virales (cancer, SIDA, malaria, etc.) sont responsables chaque année de la mort de 17 millions de personnes dans le monde.
Lutter contre les maladies infectieuses établies, émergentes ou réémergentes chez l’homme ou chez l’animal est un des piliers d’amélioration de la qualité de vie d’une population comme la nôtre. Elle permet en outre d’augmenter les espérances de vie aussi bien infantile qu’adultère.
Pour cela, une élaboration de nouvelles stratégies d’identification et de contrôle des maladies infectieuses serait de mise. Une identification des mécanismes de protection contre les agents infectieux et de résistance aux médicaments, du système d’alerte et des nouveaux systèmes de diagnostic, sera également nécessaire.
L’amélioration des systèmes de santé publique et de délivrance des soins
Dans ce chapitre les actions principales à mener sont : Identifier les facteurs de risque, mettre en place des méthodes d’évaluation de la sécurité de médicaments, améliorer des pratiques de santé publique, développer en priorité les technologies pluridisciplinaires comme la génétique et la biologie moléculaire, la physiologie, l’ingénierie biotechnologique, etc. Il s’agit d’actions primordiales qui peuvent contribuer significativement à l’amélioration de la qualité de vie des populations.
L’accès aux soins
L’accès aux soins pour tous quand cela est possible ou tout au moins pour la majorité est une priorité permettant d’améliorer la qualité de vie des populations. Dans ce sens l’établissement d’une carte sanitaire fondée sur des critères objectifs transparents et honnêtes contribue à la diminution des iniquités qui s’observent sur le plan de l’accès géographique aux structures contribue aussi à la prise en considération des spécificités sanitaire régionales. Il est clair que la lutte contre les inégalités fait partie du projet de santé et les transformations de l’exercice professionnel en sont les moyens. Acteurs du soin et usagers, se sentent concernés par la construction d’un système de santé inscrit dans un mouvement de progrès socio-sanitaire.
L’environnement et Santé
L’objectif principal de la prise en compte de l’environnement est de réduire les effets sur la santé des facteurs nuisibles tels que la pollution atmosphérique, les métaux lourds, les substances toxiques, le rayonnement électromagnétique et les nuisances sonores, notamment sur le lieu de travail. Dans ce cadre, une approche transnationale permet d’aborder des affections telles que l’asthme, les allergies ou le cancer de la peau. Les études des maladies et des allergies liées à l’environnement sont nécessaires afin d’analyser l’incidence des facteurs environnementaux sur la santé humaine, de renforcer les moyens de prévention de traitement spécifiques des maladies et par là de diminuer les effets nocifs de l’environnement sur la santé.
Dans ce chapitre il est utile de rappeler la nécessité de mise au point de nouvelles méthodes de diagnostic, d’évaluation des risques et de procédés également spécifiques pour, là aussi atténuer les causes et les effets néfastes et maîtriser les risques que les facteurs environnementaux font courir à la population.
Le vieillissement de la population et handicaps
Promouvoir la qualité de vie des personnes âgées, en mettant en œuvre les actions de recherche multidisciplinaires combinant des activités menées dans les secteurs biologiques, biomédical, psychologique, économique et social est une des priorités d’un système de santé réussi. Ce développement scientifique vise à permettre aux personnes âgées de préserver le plus longtemps possible leur autonomie et d’alléger la charge pesant sur les systèmes de santé publique.
Rechercher dans le domaine des maladies du vieillissement, telles que les maladies de Parkinson, d’Alzheimer ou l’arthrose et effectuer des recherches sur le système nerveux, endocrinien, cardiovasculaire et locomoteur appuie cette promotion. En outre, les études démographiques et épidémiologiques sur les tendances en matière de vieillissement ont pour but d’atténuer les conséquences du vieillissement de la population future et l’incidence du vieillissement sur la société.
Le retard de l’apparition de l’invalidité
Soutenir le bien-être mental et physique de chaque individu en développant des produits spécifiques et des services adaptés aux besoins plus particulièrement des personnes âgées comme le transport, le logement, les loisirs… peut être considéré comme une action complémentaire. L’efficacité et la compétence des services de soins de santé et d’aide sociale aux personnes âgées, y compris la recherche comparative sur le financement des soins de longue durée et des retraités.
L’activité de recherche et de développement technologique à caractère génétique
Ces activités ont pour objectif d’aider la Communauté à maintenir et à améliorer ses capacités scientifiques dans un nombre limité de domaines de la recherche non couverts par les actions clés.
Les efforts se concentrent plus particulièrement sur les domaines des maladies chroniques et dégénératives, telles que le cancer et le diabète, les maladies cardio-vasculaires et d’autres affections graves et rares. En effet, il est urgent d’améliorer le diagnostic, le traitement, la prévention et la surveillance à travers la contribution des facteurs moléculaires, génétiques, environnementaux, etc. Ainsi que dans le domaine des génomes et maladies d’origine génétique, en identifiant les fonctions physiologiques des gènes et améliorant leur compréhension et utilisation des informations, des séquences des gènes, des chromosomes et du génome. Le but est d’utiliser de nouvelles connaissances dans les domaines de la santé, l’agriculture, l’industrie et l’environnement afin bien évidemment d’améliorer la qualité de vie de la population. D’autre part, la recherche est appelée à, s’activer aussi dans le domaine des neurosciences afin de faciliter la compréhension du système nerveux et des troubles neurologiques et psychiatriques y compris dans des domaines comme la mémoire, les mécanismes de développement du cerveau, les mécanismes d’apprentissage et leurs implications cliniques et sociales.
Les recherches en matière de santé publique et de services de santé ont pour objectif d’améliorer aussi bien la santé des citoyens que la politique sanitaire. Une des priorités de recherche est la lutte contre les problèmes liés à la drogue, en particulier, la recherche comparative et analytique sur les causes biologiques, sociales et physiologiques de la toxicomanie en vue de mettre en œuvre des traitements plus efficaces.
Les recherches concernant les problèmes des handicapés sont capitales pour améliorer leur qualité de vie et leur autonomie.
L’étude des problèmes d’éthique médicale et de bioéthique afin d’identifier les problèmes d’ordre éthique, juridique et social afin de promouvoir un débat public sur ces questions est hautement nécessaire.
Le soutien aux infrastructures de recherche
Les infrastructures de recherche représentent un élément crucial pour tous les domaines de la recherche, et en particulier dans le domaine des sciences du vivant.
Tout programme visant l’amélioration de la qualité de vie devra améliorer tout d’abord l’état basal et l’accès aux infrastructures de recherche ; en outre, optimiser l’utilisation de ces infrastructures.
Dernières Articles en ligne
.:. Haut de la page
(c) Repère médical n° 7